Une première prise de parole officielle du gouvernement nigérien
Révélée par RSF à la suite d'un échange direct avec le ministre nigérien de la Justice et des Droits humains, Alio Daouda, cette confirmation brise un silence des autorités qui durait depuis le soir du 31 août 2026, date à laquelle le journaliste avait quitté les locaux de la Radio Télévision Saraounia à Niamey avant de ne plus donner de nouvelles.
Interpellé le 25 septembre dernier devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève par la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), le garde des Sceaux avait déjà amorcé cette ligne de défense :
« Personne n’est disparu au Niger. Le Niger ne fait pas disparaître ses citoyens. Il est en vie et sa famille le sait », a réaffirmé le ministre Alio Daouda auprès de RSF, soutenant que le journaliste aurait commis des « infractions » pour lesquelles il devra « répondre devant les juridictions ».
RSF salue une « preuve de vie » mais dénonce un déni de droit
Pour Reporters sans frontières et la communauté des médias, si l'aveu des autorités soulage une partie de l'inquiétude quant à la survie du journaliste, il ne réhabilite en rien la légalité de la procédure.
Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique de RSF, souligne l'ambivalence de cette déclaration ministérielle qui lève officiellement le voile sur la responsabilité directe des autorités dans l'enlèvement du journaliste au sortir de ses bureaux.
Tant que Moussa Kaka est privé d'accès à sa famille, à un avocat, et que le lieu exact de sa détention demeure secret, RSF considère qu'il reste victime d'une détention arbitraire et d'une disparition forcée au regard du droit international.
Une figure majeure de la presse nigérienne au cœur de la tempête
Journaliste chevronné comptant plus de 40 ans de carrière, célèbre pour avoir été pendant des décennies le correspondant emblématique de Radio France Internationale (RFI) et le directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka est une voix incontournable du paysage médiatique de la sous-région.
Face à ce que RSF qualifie de « situation révoltante », les organisations de défense des droits humains et les professionnels de la presse réitèrent leur appel aux autorités militaires nigériennes pour qu'elles mettent un terme aux poursuites extrajudiciaires, précisent les griefs retenus contre lui et procèdent à sa libération immédiate.
