Ndeye Fatou Mbodj (FONGIP) choisit Diomaye Faye et refuse de « se battre pour un individu »

POLITIQUE
Jeudi 9 Juillet 2026

L'onde de choc de la restructuration de la mouvance présidentielle continue de fissurer l'appareil du PASTEF. C'est au tour de Ndeye Fatou Mbodj, l’administratrice générale du Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP), de clarifier sa posture avec une fermeté absolue. Elle annonce qu'elle suivra sans hésiter le président Bassirou Diomaye Faye au sein de sa nouvelle formation politique, privilégiant son compagnonnage avec le chef de l'État au détriment de l'appareil du parti.



Le choix est fait, et il est sans équivoque. Alors que le sommet de l'État traverse une phase de reconfiguration majeure, les hauts responsables de l'administration publique sont poussés à choisir leur camp. En affirmant haut et fort sa loyauté indéfectible au président de la République, la patronne du FONGIP apporte une voix de poids à la dynamique d'émancipation politique enclenchée par le Palais.

Plus de dix ans de compagnonnage avec « un homme de paix »

Pour Ndeye Fatou Mbodj, cette décision n'est pas une simple posture de circonstance, mais le prolongement naturel d'une longue histoire politique et humaine. L’administratrice générale du FONGIP évoque en effet une relation de plus de dix ans avec celui qu’elle considère comme « un frère » et « un homme de paix ».

Pour elle, s'écarter de la trajectoire du chef de l'exécutif à ce moment charnière équivaudrait à un reniement moral insupportable.
« Je ne pourrais jamais avoir la conscience tranquille si je le trahissais. [...] Si je tournais le dos au président Bassirou Diomaye Faye, ce serait une trahison, et je ne suis pas une traîtresse », a-t-elle martelé de manière tranchante.
 
« Je ne suis pas entrée dans Pastef pour un projet porté par une seule personne. Je ne me bats pas pour un individu.  Si je tournais le dos au président Bassirou Diomaye Faye, ce serait une trahison, et je ne suis pas une traîtresse , dit-elle»

« J’ai choisi la patrie avant le parti »

Revenant sur les fondements mêmes de son militantisme au sein de PASTEF-Les Patriotes, Ndeye Fatou Mbodj a tenu à remettre les pendules à l'heure quant au sens de son engagement. Selon elle, son adhésion au mouvement reposait sur un idéal national et souverain, et non sur le culte d'une personnalité politique.
 
 « En rejoignant Pastef, j’ai choisi la patrie avant le parti. Je me suis engagée et sacrifiée pour mon pays, pas pour le bonheur d’une personne », a-t-elle tenu à préciser.
 
Tout en exprimant son respect envers le président de la formation historique, elle a tenu à souligner qu'elle ne lui devait absolument rien sur le plan personnel. Elle refuse d'enfermer le projet politique du pays dans une dynamique unilatérale :
 
« Je ne suis pas entrée dans Pastef pour un projet porté par une seule personne. Je ne me bats pas pour un individu », a-t-elle asséné.
 
Le FONGIP s'aligne derrière la dynamique présidentielle

Cette sortie à haute valeur politique intervient dans un contexte décisif. Le 4 juillet dernier, le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement franchi le pas en actant la création de sa propre formation politique, scellant ainsi sa rupture organisationnelle avec le PASTEF de son ancien allié Ousmane Sonko.

En réaffirmant sa fidélité au locataire du Palais, l'Administratrice générale du FONGIP confirme la tendance lourde de ces dernières semaines : la fuite des cadres et des directeurs généraux vers le nouveau parti présidentiel.
 
Pour ces responsables, l'accompagnement direct de l'action du chef de l'État et la réussite de sa feuille de route gouvernementale priment désormais sur les logiques partisanes d'origine. La grande mutation de la majorité présidentielle bat son plein.