En plaçant la mairesse de Ndiaganiao sous la loupe du Procureur financier, le régime de Bassirou Diomaye Faye s'attaque à une figure symbolique de l'opposition. L'Alliance pour la République (APR) y voit une manœuvre de déstabilisation politique visant à conquérir par le droit ce qu'elle a perdu par les urnes.
Le climat politique sénégalais s’est brusquement tendu ce lundi 2 mars 2026. Alors que le pays entre dans sa deuxième année de transition post-Macky Sall, une nouvelle affaire judiciaire vient cristalliser les tensions entre la nouvelle majorité et l'ancien parti au pouvoir. Au cœur du litige : le Dr Tening Sène, mairesse de Ndiaganiao, commune devenue le symbole d'une résistance politique inattendue.
La « persécution politique » dénoncée par les femmes de l'APR
La réaction a été immédiate et vigoureuse. Par la voix de Néné Fatoumata Tall, le Mouvement national des femmes de l’Alliance pour la République (APR) a fustigé ce qu’il qualifie de « persécution politique systématique ». Pour les cadres du parti de l’ancien président, l'activation du levier du Procureur financier contre Dr Tening Sène n’est pas une mesure de salubrité publique, mais une « campagne d’intimidation » visant à fragiliser l'opposition.
Le mouvement dénonce un acharnement contre une élue qui a su maintenir son ancrage local. Dr Tening Sène est en effet celle qui, lors des élections locales de 2022, avait infligé un revers cinglant à l'actuel chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, sur ses propres terres. Ce dernier n’avait alors recueilli que 17 % des suffrages. « Faute d’avoir pu conquérir la mairie par les urnes, le régime tente de s’en emparer par des voies détournées », fustige le communiqué de l'APR.
Une figure de résistance au cœur d'un bastion stratégique
Au-delà de l'aspect judiciaire — des faits de gestion cités dans le sillage de l'OFNAC et du pool financier — l'affaire revêt une dimension hautement symbolique. Ndiaganiao n'est pas une commune ordinaire ; c'est le fief du président de la République. Voir ce bastion rester entre les mains d'une opposante qui a « refusé de rallier le camp au pouvoir malgré les pressions » semble être une anomalie que le Pastef peine à tolérer, selon l'APR.
Dr Tening Sène, décrite par ses partisans comme une figure emblématique de la résistance, se retrouve aujourd'hui au centre d'une bataille de légitimité. Si le pouvoir invoque la reddition des comptes, l'opposition, elle, dénonce un usage politique de la justice pour « nettoyer » le paysage électoral avant les prochaines échéances.
L'APR ne compte pas laisser sa responsable seule face à la justice. Un appel solennel à la mobilisation a été lancé aux populations de Ndiaganiao pour « faire barrage à cet acharnement ». Pour les observateurs de la scène politique dakaroise, cette affaire illustre la difficulté pour le nouveau régime de concilier son exigence de transparence financière avec le respect de la pluralité démocratique, particulièrement dans les zones où son assise électorale reste contestée.
Alors que le dossier est désormais entre les mains du Procureur financier, l'issue de cette procédure sera déterminante. Elle dira si le Sénégal s'engage dans une véritable ère de transparence ou si, comme le redoute l'opposition, la justice financière est devenue le nouvel instrument de la conquête politique.
Le climat politique sénégalais s’est brusquement tendu ce lundi 2 mars 2026. Alors que le pays entre dans sa deuxième année de transition post-Macky Sall, une nouvelle affaire judiciaire vient cristalliser les tensions entre la nouvelle majorité et l'ancien parti au pouvoir. Au cœur du litige : le Dr Tening Sène, mairesse de Ndiaganiao, commune devenue le symbole d'une résistance politique inattendue.
La « persécution politique » dénoncée par les femmes de l'APR
La réaction a été immédiate et vigoureuse. Par la voix de Néné Fatoumata Tall, le Mouvement national des femmes de l’Alliance pour la République (APR) a fustigé ce qu’il qualifie de « persécution politique systématique ». Pour les cadres du parti de l’ancien président, l'activation du levier du Procureur financier contre Dr Tening Sène n’est pas une mesure de salubrité publique, mais une « campagne d’intimidation » visant à fragiliser l'opposition.
Le mouvement dénonce un acharnement contre une élue qui a su maintenir son ancrage local. Dr Tening Sène est en effet celle qui, lors des élections locales de 2022, avait infligé un revers cinglant à l'actuel chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, sur ses propres terres. Ce dernier n’avait alors recueilli que 17 % des suffrages. « Faute d’avoir pu conquérir la mairie par les urnes, le régime tente de s’en emparer par des voies détournées », fustige le communiqué de l'APR.
Une figure de résistance au cœur d'un bastion stratégique
Au-delà de l'aspect judiciaire — des faits de gestion cités dans le sillage de l'OFNAC et du pool financier — l'affaire revêt une dimension hautement symbolique. Ndiaganiao n'est pas une commune ordinaire ; c'est le fief du président de la République. Voir ce bastion rester entre les mains d'une opposante qui a « refusé de rallier le camp au pouvoir malgré les pressions » semble être une anomalie que le Pastef peine à tolérer, selon l'APR.
Dr Tening Sène, décrite par ses partisans comme une figure emblématique de la résistance, se retrouve aujourd'hui au centre d'une bataille de légitimité. Si le pouvoir invoque la reddition des comptes, l'opposition, elle, dénonce un usage politique de la justice pour « nettoyer » le paysage électoral avant les prochaines échéances.
L'APR ne compte pas laisser sa responsable seule face à la justice. Un appel solennel à la mobilisation a été lancé aux populations de Ndiaganiao pour « faire barrage à cet acharnement ». Pour les observateurs de la scène politique dakaroise, cette affaire illustre la difficulté pour le nouveau régime de concilier son exigence de transparence financière avec le respect de la pluralité démocratique, particulièrement dans les zones où son assise électorale reste contestée.
Alors que le dossier est désormais entre les mains du Procureur financier, l'issue de cette procédure sera déterminante. Elle dira si le Sénégal s'engage dans une véritable ère de transparence ou si, comme le redoute l'opposition, la justice financière est devenue le nouvel instrument de la conquête politique.