La course à la succession d’António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies entre dans sa phase ultime. Ce mardi 29 septembre 2026, Macky Sall, ancien président de la République du Sénégal et candidat déclaré au poste de Secrétaire général de l’ONU, prend la parole devant le Conseil de sécurité à New York à l'occasion du quatrième et dernier « vote indicatif » (straw poll), une étape cruciale avant les arbitrages définitifs des cinq membres permanents.
Un test décisif après un recul lors du précédent scrutin
Ce nouveau tour de scrutin revêt une importance capitale pour l’ancien chef d’État sénégalais, dont la candidature a enregistré un essoufflement lors de la dernière consultation.
Lors des deux premiers votes informels, Macky Sall avait recueilli 6 avis favorables contre 7 défavorables. Toutefois, lors du troisième vote indicatif du 18 septembre, ses soutiens sont retombés à 5 voix favorables, contre 9 avis défavorables et 1 abstention.
Pour voir sa candidature formellement recommandée à l’Assemblée générale, un prétendant doit réunir au moins 9 voix favorables sur les 15 membres du Conseil de sécurité, sans faire l’objet d’un droit de veto de la part de l’un des cinq membres permanents (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni).
Le soutien soutenu de la diplomatie sénégalaise
Malgré ces arithmétiques complexes, Macky Sall aborde cette échéance fort d'un alignement diplomatique consolidé avec les nouvelles autorités de Dakar.
Lors des travaux de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a renouvelé avec insistance le soutien officiel de l'État sénégalais à la candidature de son prédécesseur. Le chef de l'État a profité de ses rencontres bilatérales avec plusieurs dirigeants et partenaires internationaux pour plaider la cause d'un leadership africain expérimenté à la tête du multilatéralisme mondial.
Rivalités régionales et équilibres géopolitiques
Le scrutin s'inscrit dans un paysage diplomatique très disputé où s'affrontent plusieurs visions pour la gouvernance globale :
Face à Macky Sall figurent d'autres figures africaines de premier plan, notamment l'Ougandais Olara Otunnu, également en campagne pour rallier les suffrages du Conseil.
La règle non écrite de la rotation
Le débat sur la rotation géographique de la présidence continue de peser lourdement dans les tractations en coulisses. Plusieurs chancelleries soutiennent qu'après l'Europe de l'Ouest (António Guterres), le poste devrait revenir à l'Amérique latine, un argument qui constitue l'un des principaux obstacles géopolitiques pour les candidats africains.
Le résultat de cette quatrième consultation indicative permettra de déterminer si le candidat sénégalais parvient à redresser la barre et à consolider un bloc de soutien suffisant avant la décision finale des grands décideurs du Conseil de sécurité.