Ousmane Sy Ndiaye sonne l'alerte face à l'hécatombe des entreprises et exige la relance du dialogue avec l'État

POLITIQUE
Vendredi 9 Octobre 2026

Réunis à la Chambre de commerce de Dakar, les acteurs majeurs du commerce, de l'industrie et des transports ont lancé une vaste campagne de mobilisation citoyenne et économique.

Par la voix de leur directeur exécutif, Ousmane Sy Ndiaye, le patronat et les commerçants nationaux dénoncent la concurrence déloyale des opérateurs étrangers, l'explosion des tarifs au Port autonome de Dakar et la rupture du dialogue avec l'Exécutif. Un « premier acte » de protestation dans un climat social jugé délétère. Une vague de faillites face à la concurrence internationale

C'est un cri de détresse sans équivoque qu'ont poussé les représentants du secteur privé national. Confrontées à une dégradation accélérée de leur environnement d'affaires, les entreprises locales disent ne plus pouvoir résister à la pression des marchés.

Ousmane Sy Ndiaye a dressé un tableau sombre de la situation opérationnelle des PME et industriels sénégalais :

« Nos entreprises meurent les unes après les autres. Nos investissements disparaissent les uns après les autres. C'est devenu intenable, trop c'est trop », a-t-il martelé lors d'un point de presse.

 Le secteur privé enregistre désormais des destructions d'emplois hebdomadaires dans les branches du commerce et de la transformation.

 Les commerçants et industriels nationaux dénoncent une concurrence exacerbée et agressive d'opérateurs internationaux implantés sur le marché intérieur sans régulation efficace, asphyxiant le tissu économique local.
 
Le surcoût portuaire : +45 % de frais au Port de Dakar

Le deuxième axe fort de cette fronde patronale cible la gestion logistique au Port autonome de Dakar (PAD), point névralgique de l'approvisionnement national. Les acteurs économiques dénoncent des pratiques de facturation et des surcoûts tarifaires jugés aberrants.
 

Selon les données présentées par le secteur privé, les marchandises transitant par l'enceinte portuaire subissent plus de 45 % de frais supplémentaires entre leur entrée et leur sortie. Cette inflation artificielle des tarifs d'acconage, de manutention et de stationnement se répercute directement sur le panier de la ménagère, entretenant le renchérissement systématique des produits de première nécessité sur le marché national.
 
Rupture du dialogue public-privé : L'urgence de concerter   Pour le secteur privé, l'origine première de cette crise systémique réside dans la paralysie des cadres de concertation entre le gouvernement et le monde des affaires. Les responsables économiques estiment que l'Exécutif évolue en déconnexion avec les réalités du terrain.

Pour sortir de l'impasse, les acteurs mobilisés réclament l'application immédiate des recommandations et la mise en œuvre sans délai les feuilles de route déjà remises lors des précédentes rencontres avec le Premier ministre. Il exige l'ouverture de concertations sectorielles et la structuration d'un dialogue public-privé thématique (transports, industrie, commerce de détail, fiscalité portuaire) pour recenser précisément les verrous réglementaires et financiers.

Un plan de relance concerté est aussi préconisé afin d'élaborer une stratégie d'urgence pour préserver l'emploi local et sauvegarder les champions économiques nationaux face aux chocs extérieurs.

En qualifiant cette réunion à la Chambre de commerce de « premier acte », les représentants du secteur privé avertissent qu'à défaut d'une réponse ministérielle rapide et concrète, la mobilisation pourrait se durcir sous forme d'actions sectorielles coordonnées.