PASTEF France suspend six responsables locaux et s'attaque aux groupes dissidents

POLITIQUE
Jeudi 9 Juillet 2026

Le séisme politique qui secoue l'appareil du PASTEF au Sénégal vient d'enregistrer sa première réplique majeure à l'échelle internationale. L'onde de choc de la rupture entre Ousmane Sonko et l'aile présidentielle a officiellement traversé l'Atlantique et la Méditerranée.



Comme le révèle le communiqué officiel daté du 8 juillet 2026, le Bureau Exécutif de PASTEF France a enclenché une véritable purge interne, suspendant temporairement de ses plateformes numériques plusieurs hauts responsables accusés de fomenter une « fronde » en faveur de la refondation du projet.

Le "syndrome de la guerre des groupes WhatsApp" qui a frappé Dakar ces derniers jours s'est exporté en France.
Longtemps considérée comme le poumon financier et le bouclier médiatique du parti, la diaspora se déchire désormais à son tour entre les loyalistes de l’appareil historique et les partisans d’une restructuration alignée sur le Palais présidentiel.
 

L’interdiction des « courants » : L’arme des statuts du parti


Le texte officiel de PASTEF France (réf. N° 007-2026/BEPF/PASTEF-FRANCE) ne laisse place à aucune ambiguïté sur la volonté de l'état-major de couper les têtes de la dissidence.

Réuni le 6 juillet 2026, le Bureau Exécutif s'est penché sur l'émergence de deux structures parallèles baptisées « PASTEF France Refondation » et « MONCAP Diaspora Authentique ».

Pour justifier sa contre-attaque, la direction s'abrite derrière la rigueur des textes constitutionnels du parti :
Le communiqué rappelle que les adhérents s'engagent à respecter la collégialité et ne peuvent « en aucun cas s'organiser en courants ou tendances à l'intérieur comme à l'extérieur du Parti ».
 
Il est strictement interdit aux militants de se regrouper dans des plateformes ou réseaux ayant des « objectifs concurrents » ou pouvant « contribuer à affaibilir » le PASTEF.

Le constat du Bureau Exécutif sur le fond est d'une grande violence politique, accusant ces cellules d'avoir sciemment entretenu la confusion dans le but de « nuire, de manipuler et de diviser ».
 
La liste des six « bannis » du 8 juillet

La sentence est immédiate et calquée sur la méthode appliquée au Sénégal : le retrait d'office de tous les canaux de communication officiels et des groupes WhatsApp du parti.

Le document dresse la liste noire des cadres de la diaspora touchés par ces mesures conservatoires :
  Hamadou Sabaly, Responsable titulaire de la section stratégique de PASTEF Paris. Mme Ngoné Ndoye Fall, Responsable adjointe du MOJIP France (Mouvement des Jeunes Patriotes). Momar Seydi, Responsable titulaire de la section de PASTEF Hauts-de-Seine. Marie Coly, Responsable titulaire de la section de PASTEF Seine-et-Marne. Cheikh Dabo, Responsable communication de la section de PASTEF Val-de-Marne. Ibrahima Diop, Responsable titulaire de la section de PASTEF Nice Côte d'Azur. En ciblant simultanément les patrons de Paris, de la petite et grande couronne parisienne, ainsi que de la Côte d'Azur, le Bureau Exécutif de PASTEF France admet implicitement que la fronde pro-Faye ou pro-réforme s'est enkystée dans les bastions les plus dynamiques de la fédération.
 
Vers des sanctions disciplinaires devant le Bureau Politique

L'éviction des réseaux sociaux n'est qu'une première étape conservatrice. Le communiqué prévient qu'en vertu de l'article 31 des textes du parti, le Bureau de France se réserve le droit de remonter ces dossiers directement au Bureau Politique national à Dakar pour exiger des sanctions disciplinaires lourdes et définitives.
 
L'utilisation des termes « Refondation » et « MONCAP Authentique » par les frondeurs de France fait directement écho aux charges de Fatou Kiné Diakhaté à Dakar contre le « messianisme » de l'appareil.
 
Elle confirme que les partisans du président Bassirou Diomaye Faye tentent de dupliquer leur stratégie de conquête des structures locales à l'étranger, tandis que l'état-major fidèle à Ousmane Sonko verrouille les accès administratifs et numériques pour étouffer l'incendie. La scission n'a plus de frontières.