Pastef: Fatou Kiné Diakhaté démise de ses fonctions au MONCAP pour s'être alignée derrière Diomaye

POLITIQUE
Lundi 6 Juillet 2026

La fracture s’accentue au sein du PASTEF. Le Mouvement National des Cadres Patriotes (MONCAP), l'aile intellectuelle du parti au pouvoir, vient de frapper un grand coup en excluant sa coordonnatrice, Fatou Kiné Diakhaté.

En cause : ses récentes déclarations publiques affirmant que « le Projet » est désormais incarné par le président Bassirou Diomaye Faye, une ligne rouge franchie pour les instances fidèles à la direction historique du parti.

La chasse aux sorcières ou la guerre des lignes a-t-elle commencé au PASTEF ?

Alors que la création annoncée d'une nouvelle formation politique par le chef de l'État cristallise toutes les attentions, les structures affiliées au parti d'Ousmane Sonko resserrent les rangs et sanctionnent lourdement toute voix dissidente. Dernier exemple en date : la mise à l’écart brutale de Fatou Kiné Diakhaté de la direction du MONCAP.
« Hors des principes et des valeurs du PASTEF »



Le couperet est tombé via un communiqué officiel du Bureau du MONCAP. L'instance dirigeante des cadres patriotes y déclare sans équivoque que la responsable « s'est elle-même placée en dehors des principes et des valeurs du PASTEF ».

Le déclencheur de cette colère ? Une sortie médiatique où Fatou Kiné Diakhaté avait ouvertement pris position dans le duel feutré qui oppose le palais de la République à la direction du parti, en déclarant notamment :

« Le projet est aujourd'hui incarné par Diomaye ».

Une affirmation perçue par l'appareil du parti comme un acte de désalignement, voire de trahison envers la doctrine originelle portée par Ousmane Sonko.
Une exclusion radicale, des boucles WhatsApp aux instances de décision

La sanction décidée par le Bureau du MONCAP se veut immédiate et sans concession. Fatou Kiné Diakhaté n'exerce plus la fonction de coordonnatrice et est éjectée du Bureau.

Signe de la rupture technologique et politique moderne, elle a d'ores et déjà été bannie des groupes d'échange et de discussion internes du Bureau. Une mesure d'exclusion numérique qui sera « progressivement étendue à l'ensemble des espaces de travail et de coordination ».

 Son sort définitif en tant que militante globale du parti a été renvoyé devant « les organes compétents » qui devront statuer dans les plus brefs délais.
Vers une réorganisation sous tension

Pour éviter que ce séisme interne ne paralyse la structure, le Bureau du MONCAP a annoncé assumer « pleinement ses responsabilités » en mettant sur pied une organisation provisoire.

Cette cellule d'urgence aura la lourde tâche d'assurer la continuité des activités du mouvement en attendant une refonte structurelle définitive.

Le Bureau a lancé un appel pressant aux cadres patriotes à « rester mobilisés, unis et pleinement engagés ».

Mais derrière ces mots d’ordre d'unité de façade, cette éviction confirme la réalité du schisme : la guerre des clans entre les légitimistes du PASTEF et les partisans de l'émancipation présidentielle de Bassirou Diomaye Faye se joue désormais cellule par cellule, structure par structure.