Patrimoine bâti de l'État : Devant la Commission d'enquête parlementaire, Abdou Karim Fofana défend la légalité et l'équilibre de sa gestion foncière

POLITIQUE
Mardi 13 Octobre 2026


Auditionné ce lundi 12 octobre 2026 par la Commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur les cessions et la gestion du patrimoine immobilier de l’État, l’ancien directeur général de l’AGPBE et ex-ministre de l'Urbanisme, Abdou Karim Fofana, a livré une explication exhaustive de ses arbitrages.

Face aux interpellations des députés sur des dossiers emblématiques comme le projet « Dak Tower » ou les baux de la Cité Fayçal, l'ancien haut responsable a fermement défendu la conformité de ses actes administratifs.

Une obligation républicaine assumée : « Rendre compte est un devoir »

Prévue initialement la semaine précédente puis fixée au 12 octobre, l'audition d'Abdou Karim Fofana s'inscrirait, selon l'intéressé, dans le strict cadre du principe démocratique de reddition des comptes.

Ayant dirigé l'Agence de gestion du patrimoine bâti de l'État (AGPBE) de 2015 à 2019 avant de rejoindre le gouvernement, l'ancien ministre a tenu à rappeler la complexité du cadrage réglementaire, notamment adossé au décret n° 2013-278, et la situation budgétaire critique dont il avait hérité.
 
« Rendre compte de sa gestion devant la Représentation nationale n'est pas une contrainte : c'est l'exigence de toute personne ayant servi l'État », a-t-il affirmé, rejetant toute idée de suspicion pour inscrire son passage face aux députés sous le signe du débat contradictoire fondé sur des actes juridiques.

Éclairages sur les grands dossiers : « Dak Tower » et la Cité Fayçal

Au cours de plusieurs heures d'échanges poussés avec les membres de la commission d'enquête, Abdou Karim Fofana a été invité à s'expliquer sur plusieurs opérations d'attribution, de baillement et de partenariats fonciers conclus sous son magistère :
 
Le projet « Dak Tower »

Revenant en détail sur les négociations engagées en 2019 avec le promoteur privé, l'ancien patron de l'AGPBE a soutenu que l'opération visait à valoriser le domaine privé de l'État par un partenariat équilibré. Il a souligné que l'évaluation impartiale du projet repose sur la confrontation entre la valeur marchande des assiettes foncières cédées et le montant effectif des obligations architecturales et financières imposées au promoteur.

La gestion des baux et de la Cité Fayçal

Interrogé sur les conditions d'octroi et de renouvellement des baux à des occupants privés ou institutionnels, l'ex-ministre a rappelé les objectifs de rationalisation de l'époque, qui visaient à réduire la lourde facture des loyers payés par l'État aux bailleurs privés.

Contestation de l'interprétation des commissaires

Confronté aux remarques de certains députés pointant des anomalies ou des déséquilibres contractuels, Abdou Karim Fofana a réfuté toute irrégularité, invitant la commission à lire les conventions à la lumière du droit administratif et du contexte opérationnel de l'époque.

La balle dans le camp de la Commission d'enquête
Après les dépositions enregistrées la semaine dernière, notamment celles d'Elimane Pouye et de Yaya Abdoul Kane, l'audition d'Abdou Karim Fofana constitue une étape charnière dans l'instruction menée par l'Assemblée nationale.

Il appartient désormais aux commissaires parlementaires d'analyser l'ensemble des pièces transmises, procès-verbaux de cession, contrats de bail et bilans financiers, afin de vérifier la régularité des opérations.

Le rapport final de la commission d'enquête devra déterminer si la gestion des décennies écoulées a préservé les intérêts patrimoniaux du Trésor public ou si des manquements nécessitent des saisines administratives et judiciaires ultérieures.