Paul-Henri Sandaogo Damiba est un officier burkinabè (ex-lieutenant-colonel) devenu, en 2022, l’une des figures centrales de la séquence de coups d’État au Burkina Faso. Il prend le pouvoir le 24 janvier 2022 en renversant le président élu Roch Marc Christian Kaboré, au nom de la lutte contre l’insécurité et les violences armées. Il dirige ensuite la transition pendant quelques mois, avant d’être à son tour renversé le 30 septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré. Après sa chute, Damiba s’installe en exil à Lomé (Togo).
Sur le plan du parcours, plusieurs sources le décrivent comme un officier passé par des structures d’élite, avec une image initiale d’homme “de sécurité”, avant que sa transition ne soit fragilisée par des critiques sur la gestion de la crise sécuritaire et des divisions internes au sein de l’armée. Pourquoi le Burkina a demandé son extradition ?
D’après les autorités togolaises, le Burkina Faso a adressé une demande d’extradition le 12 janvier 2026, visant Damiba notamment pour “incitation à la commission de délits et de crimes”. Le pouvoir burkinabè l’accuse d’être le “cerveau” de plusieurs tentatives de putsch ou de manœuvres de déstabilisation depuis son exil.
Cette extradition s’inscrit dans un contexte burkinabè marqué par des annonces récurrentes de tentatives de coup d’État contre le régime de transition d’Ibrahim Traoré, ce qui explique la sensibilité politique et sécuritaire du dossier. Comment l’extradition s’est déroulée, selon Lomé ? Le Togo indique que Damiba a été arrêté le 16 janvier à Lomé, puis présenté à la Cour d’appel de Lomé, qui a rendu un avis favorable à la demande d’extradition. Il a ensuite été remis aux autorités burkinabè le 17 janvier, selon le communiqué lu à la télévision publique togolaise.
Certains médias décrivent l’opération comme une expulsion/deportation vers Ouagadougou après arrestation, tandis que Lomé parle explicitement d’une procédure d’extradition encadrée par la Cour d’appel. Les deux récits convergent sur l’essentiel : Damiba a été arrêté au Togo puis transféré au Burkina à la demande des autorités burkinabè. Ce que ça signifie politiquement Pour Ouagadougou, c’est un signal de fermeté face aux soupçons de complots internes. Pour Lomé, c’est un acte de coopération sécuritaire régionale, dans un dossier hautement sensible. Pour la région, cela illustre la nervosité persistante autour des transitions militaires au Sahel, où les accusations de déstabilisation et de putsch restent un enjeu majeur.