Préparation des « Lions » à la coupe du Monde : Ces sparring-partners de piètre qualité pour les « Lions »

SPORT
Vendredi 16 Février 2018

Le Sénégal est maintenant fixé sur ses matchs de préparation à la coupe du monde prochaine organisée en Russie. La Fédération sénégalaise de football a officialisé le calendrier de l'équipe du Sénégal pour sa préparation à la Coupe du monde 2018. Les hommes d’Aliou Cissé disputeront 4 rencontres : deux en mars et deux en fin mai et en début juin. Il s’agit de l’Ouzbékistan (77e équipe selon le classement Fifa), la Bosnie Herzégovine (38e équipe), le 8 juin contre la Croatie (15e équipe) et Luxembourg (84e équipe).
 
La plus grosse affiche est incontestablement ce duel face à la Croatie qui se jouera le 8 juin. Jouant la compétition, l’équipe de Luka Modric qui évolue dans le milieu du Real de Madrid est le sparring-partner le plus sérieux du Sénégal pour jauger les capacités des « Lions ». En attestent ses performances en coupe du Monde et en championnat européen. La Croatie, qui est membre de l’Uefa et de la Fifa qu’à partir de 1993, a participé à trois coupes consécutives entre 1998 et 2006. La meilleure performance de la Croatie en Coupe du monde est une troisième place obtenue dès leur première participation en 1998. Depuis lors, les « Ardents » comme on les appelle n'a jamais plus franchi les groupes lors des phases finales suivantes auxquelles ils ont participé. Les meilleurs résultats de la Croatie, lors des Championnats d’Europe des Nations, sont deux quarts de finale qu'elle a atteints en 1996 et en 2008. Jouer en face des deux meilleurs milieux de terrains du monde (Luka Modric du Real Madrid et Ivan Rakitic du FC Barcelone) permettrait à Sadio Mané, Diao Baldé Keita et autres co-équipiers de relever leur niveau de jeu et de pouvoir bien affronter en phase de poule en coupe du monde ses adversaires que sont la Pologne, la Colombie et le Japon.
 
La préparation de la Pologne semble plus costaude avec la Lituanie, le Chili, la Corée du Sud et la Nigeria. La Colombie a pour l’instant comme challenger la France et l’Australie. Et le Japon affrontera en amical la Suisse le 08 juin prochain en attendant de déterminer ses autres matchs de préparation.
 
Si la rencontre contre la Croatie a le niveau d’un match de coupe du monde, il faut toutefois souligner la faiblesse des autres équipes qui serviront de sparring-partners au Sénégal pour préparer ces joutes mondiales.
 
L’Ouzbékistan, poids-plume du foot asiatique, ne peut pas servir d’un bon challenger aux « Lions » pour préparer la compétition mondiale. De 1998 à 2018, l’équipe ouzbek n’a jamais dépassé le tour préliminaire de la Coupe du monde. Sa meilleure performance dans une haute compétition de football est en Coupe d’Asie des Nations (de 1996 à 2015) avec une quatrième place en 2011. Aujourd’hui les Ouzbeks sont inconnus du meilleur championnat du monde (celui de l’Europe) à part leurs deux meilleurs footballeurs (Vladimir Maminov, Maksim Shatskikh) ayant évolué au Locomotiv de Moscou et au Dynamo de Kiev dans les années 2000.
 
Mais c’est surtout le match contre le Luxembourg qui pose problème. De ce match, le Sénégal ne tirera aucun profit sinon des risques de blessures qui peuvent handicaper l’équipe dans son collectif. Etant présent sur le terrain de la qualification à la Coupe du Monde depuis 1934, le Luxembourg a réalisé sa meilleure performance en 2010 et 2018 où il a terminé 5e sur 6 équipes en lice. Sur les 18 autres phases de qualification à la World Cup, l’équipe luxembourgeoise s’est retrouvée à la dernière place. De 1964 à 2016, c’est la même trajectoire en Coupe d’Europe des Nations. Sur 14 phases de qualification, sa meilleure performance, c’est en 1964 où il a accédé en quart de finale. Sinon les treize autres sont noircies par deux avant-dernières et onze dernières places. 135e en position moyenne depuis la création du classement de l’instance du foot mondial, les Rout Léiwen, comme on les surnomme, viennent pour la première fois de se hisser, lors du dernier classement Fifa, à la 83e place dans la hiérarchie mondiale. Une telle équipe, même si elle a réussi la performance historique de tenir en échec l’équipe française lors des phases éliminatoires, n’apportera pas une plus-value à la préparation des « Lions ».
 
La Bosnie pourrait figurer dans le même lot des équipes poids-plumes contre qui les protégés d’Aliou Cissé joueront en guise de match de préparation. Depuis son adhésion officielle à la Fifa en 1998, la Bosnie n’a connu qu’une expérience de coupe du monde en 2014 au Brésil où elle s’est arrêtée au premier tour. Il en est de même pour le Championnat européen des Nations où l’équipe bosniaque peine à se qualifier. Même si quelques individualités comme Miralem Pjanić, milieu de terrain de la Juve, évoluent dans l’équipe, il demeure que la Bosnie ne constitue pas un foudre de guerre dans le gotha du foot européen voire mondial.
 
Le choix des équipes de seconde zone que sont l’Ouzbékistan, le Luxembourg et la Bosnie ne permettra réellement pas aux « Lions » d’avoir la préparation idéale pour affronter avec lucidité et confiance les compétitions mondiales. Ce qui est incompréhensible, c’est l’absence de pays africains et sud-américains dans les tablettes d’Aliou Cissé. La confrontation avec un pays de l’Amsud où le style du foot est quasiment similaire aurait permis au coach Aliou Cissé de mieux préparer son match contre Radamel Falcao et ses coéquipiers. Mais comme dit l’adage « à défaut d’avoir ce que l’on veut, on se contente de ce que l’on a ».
 
 
Serigne Saliou Guèye