Qui perd gagne ! (Amadou Tidiane WONE)

POLITIQUE
Jeudi 3 Aout 2017

Les résultats officiels viennent d'être proclamés. Sans surprise, la victoire de la coalition présidentielle a été proclamée presque partout. Arrêtons-nous tout simplement au cas de Dakar qui illustre parfaitement la maladie de notre "démocratie" représentative piégée dans un mode de scrutin qui défie le bon sens. 

À Dakar, la coalition présidentielle totalise 114603 voix. Le cumul des voix obtenues par l'opposition est de 181260 . Une différence de 66 657 voix en faveur de l'opposition laisse quand même la " victoire" à la coalition présidentielle qui va bénéficier des sept sièges de députés de la capitale. 

Autrement dit, la majorité des dakarois seront représentés à l'Assemblée Nationale pour les cinq prochaines années  par 7 députés qu'ils n'auront pas choisi! 
Doyna waar ... 

Point n'est besoin de se lancer dans des élucubrations savantes pour constater que Dakar est dans l'opposition. Il n'y a aucune victoire à fêter. Il y'a surtout une urgence à libérer le Maire de la ville qui, incarcéré depuis le mois de mars, vient d'administrer la preuve qu'il est le maître de la capitale. 

(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); En effet, si on additionne les voix de la coalition conduite par Khalifa Ababacar SALL à celle du PUR dont le leader (Serigne Moustapha SY) est l'un de ses soutiens déclaré, soit les 111849 de Manko plus les 15432 de PUR,  on obtient 127 356 voix soit une différence de 12 753 voix de plus par rapport à la Coalition présidentielle !  

En fait, et de quelque manière que l'on aborde le message délivré par les chiffres officiels, la défaite politique des "gagnants" est sans appel... 
En dépit des moyens colossaux déployés, Dakar a dit aussi Non à l'emprisonnement de son Maire.  

Il appartient au Pouvoir d'en tirer les conséquences politiques. Il ne sert à rien de tenter de forcer le passage par des artifices judiciaires. Car, en politique, il vaut mieux décoder les signaux et faire demi tour à temps. Ici, comme ailleurs, les têtus ont tous mal fini. Comprenne qui pourra. 


Amadou Tidiane WONE