Tout en défendant les quatre amendements initialement proposés par le gouvernement et en saluant l'engagement des députés, le Garde des Sceaux a rappelé une règle fondamentale : la Constitution est le socle du pacte républicain. À ce titre, toute modification d'envergure ne peut faire l'économie d'une réflexion approfondie et d'une démarche inclusive.
Le respect d'une tradition démocratique depuis 1992
Pour justifier la position de l'Exécutif et son désaccord avec la méthode accélérée de la présente proposition, Me Moussa Sarr a convoqué l’histoire politique récente du pays .
Selon lui, aucune révision constitutionnelle majeure n’a été entreprise au Sénégal depuis 1992 sans consultations ou dialogues préalables associant les acteurs politiques, l’opposition et la société civile.
C'est précisément cette tradition de recherche de consensus qui a historiquement assis la stabilité institutionnelle du pays et renforcé la légitimité des réformes.
Selon le ministre, les changements envisagés aujourd'hui ont une portée telle sur la vie de la République qu'ils exigent des échanges beaucoup plus larges.
Un appel au dialogue et à la responsabilité
Le gouvernement invite donc solennellement les parlementaires à suspendre le bras de fer pour permettre l'ouverture de ce cadre de discussion. Cette démarche offrirait l'opportunité d’approfondir sereinement les débats et de bâtir un consensus solide autour de questions déterminantes pour l’avenir des institutions.
« Le gouvernement réaffirme sa disponibilité à accompagner toutes les réformes susceptibles de renforcer la démocratie et l’État de droit, mais plaide pour une approche fondée sur l’écoute, la concertation et la responsabilité. »
En conclusion, le Garde des Sceaux a émis le souhait que le Sénégal reste fidèle à sa tradition de dialogue politique et institutionnel, qu’il considère comme l’un des piliers les plus solides de la cohésion nationale et de la stabilité démocratique.