Dans une décision rendue ce 7 avril 2026, les « Sages » du Conseil constitutionnel ont tranché le contentieux portant sur la loi n°07/2026 créant le Conseil national de Régulation des Médias (CNRM). Si l'institution de régulation est validée dans son principe, ses pouvoirs de sanction les plus radicaux ont été jugés anticonstitutionnels.
Un coup d'arrêt à la fermeture définitive des médias
Saisi par un recours de députés de l'opposition (notamment de la coalition Taxawu Sénégal), le Conseil constitutionnel a passé au crible les dispositions de la loi adoptée le 3 mars dernier. Le verdict est sans appel sur les mesures de coercition extrêmes : Non à la fermeture définitive : Les « Sages » ont déclaré contraires à la Constitution les dispositions de l'article 33 permettant la fermeture de journaux, de sites d'information ou la résiliation de conventions audiovisuelles. Protection des locaux : L'article 31, qui prévoyait la fermeture des locaux des médias, a également été censuré. Pour la haute juridiction, ces sanctions sont jugées disproportionnées. Le Conseil rappelle avec force que la liberté d'expression et la liberté de la presse sont des piliers de la démocratie qui ne sauraient être anéantis par de simples décisions administratives de régulation.
La justice comme garde-fou
L'autre enseignement majeur de cette décision est le rappel du rôle central du juge. Le Conseil constitutionnel a validé plusieurs articles (31, 34, 41 et 42) mais en y apportant des réserves d'interprétation strictes.
Désormais, l'usage de la force publique pour faire respecter une décision du CNRM ou le blocage de contenus en cas d'exploitation illégale doit impérativement être soumis à l'autorisation préalable de l'autorité judiciaire. Ce verrou empêche le CNRM d'agir comme « juge et partie » et réintroduit l'autorité judiciaire comme protectrice des libertés individuelles.
Une victoire pour les acteurs de la presse
Cette décision intervient dans un climat de vive tension entre le ministère de la Communication et les organisations professionnelles. Pour de nombreux patrons de presse, dont Maimouna Ndour Faye qui s'était insurgée contre cette loi, la censure du Conseil constitutionnel est un désaveu pour la volonté de « mise au pas » prêtée au gouvernement.
Le législateur devra désormais revoir sa copie pour expurger le texte des articles jugés illégaux. Le CNRM pourra exister et réguler, mais il perd ses « armes létales » au profit de mesures conservatoires (suspensions temporaires, avertissements) qui, elles, ont été jugées conformes, car jugées nécessaires au maintien de l'ordre public de l'information.
En résumé : Ce que le CNRM ne peut plus faire seul Sanction censurée
Article concerné Motif de la censure Fermeture de journaux / sites web
Art. 33 Atteinte disproportionnée à la liberté de la presse Résiliation de conventions TV/Radio
Art. 33 Sanction irréversible sans juge Fermeture des locaux
Art. 31 Violation du droit d'établissement et de propriété Usage direct de la force publique
Art. 34 Obligation de passer par un juge au préalable
Un coup d'arrêt à la fermeture définitive des médias
Saisi par un recours de députés de l'opposition (notamment de la coalition Taxawu Sénégal), le Conseil constitutionnel a passé au crible les dispositions de la loi adoptée le 3 mars dernier. Le verdict est sans appel sur les mesures de coercition extrêmes : Non à la fermeture définitive : Les « Sages » ont déclaré contraires à la Constitution les dispositions de l'article 33 permettant la fermeture de journaux, de sites d'information ou la résiliation de conventions audiovisuelles. Protection des locaux : L'article 31, qui prévoyait la fermeture des locaux des médias, a également été censuré. Pour la haute juridiction, ces sanctions sont jugées disproportionnées. Le Conseil rappelle avec force que la liberté d'expression et la liberté de la presse sont des piliers de la démocratie qui ne sauraient être anéantis par de simples décisions administratives de régulation.
La justice comme garde-fou
L'autre enseignement majeur de cette décision est le rappel du rôle central du juge. Le Conseil constitutionnel a validé plusieurs articles (31, 34, 41 et 42) mais en y apportant des réserves d'interprétation strictes.
Désormais, l'usage de la force publique pour faire respecter une décision du CNRM ou le blocage de contenus en cas d'exploitation illégale doit impérativement être soumis à l'autorisation préalable de l'autorité judiciaire. Ce verrou empêche le CNRM d'agir comme « juge et partie » et réintroduit l'autorité judiciaire comme protectrice des libertés individuelles.
Une victoire pour les acteurs de la presse
Cette décision intervient dans un climat de vive tension entre le ministère de la Communication et les organisations professionnelles. Pour de nombreux patrons de presse, dont Maimouna Ndour Faye qui s'était insurgée contre cette loi, la censure du Conseil constitutionnel est un désaveu pour la volonté de « mise au pas » prêtée au gouvernement.
Le législateur devra désormais revoir sa copie pour expurger le texte des articles jugés illégaux. Le CNRM pourra exister et réguler, mais il perd ses « armes létales » au profit de mesures conservatoires (suspensions temporaires, avertissements) qui, elles, ont été jugées conformes, car jugées nécessaires au maintien de l'ordre public de l'information.
En résumé : Ce que le CNRM ne peut plus faire seul Sanction censurée
Article concerné Motif de la censure Fermeture de journaux / sites web
Art. 33 Atteinte disproportionnée à la liberté de la presse Résiliation de conventions TV/Radio
Art. 33 Sanction irréversible sans juge Fermeture des locaux
Art. 31 Violation du droit d'établissement et de propriété Usage direct de la force publique
Art. 34 Obligation de passer par un juge au préalable