Serigne Mbaye Thiam charge la direction et appelle à une « refondation » profonde

POLITIQUE
Vendredi 26 Juin 2026

Le Parti socialiste (PS) s'enfonce dans la tourmente. Dans un entretien sans concession accordé au journal L’Observateur, le responsable socialiste et ancien ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam, a posé un diagnostic sévère sur la crise qui secoue sa formation politique, ciblant directement la gestion de la secrétaire générale par intérim, Aminata Mbengue Ndiaye.

Analysant les récents affrontements liés au mouvement interne de contestation « Dundal Ps », l'ancien ministre sous Macky Sall récuse la version officielle de la direction.


Pour lui, la situation actuelle résulte d’une stratégie délibérée de « pourrissement » orchestrée par les instances dirigeantes, qu’il accuse d’entretenir une léthargie organisée au détriment de l'avenir du parti.
 
Menaces d'exclusions : « Ce serait de la folie »



Interpellé sur les procédures disciplinaires et les menaces d'exclusion qui pèsent sur les frondeurs de « Dundal Ps » — une situation qui rappelle les heures sombres de la scission de 2017 —, Serigne Mbaye Thiam s'est voulu catégorique et dissuasif :
 

« Personne, dans ce parti, n’osera s’engager dans la voie de l’exclusion, ce serait de la folie. »


Selon lui, le renouvellement indispensable des structures se heurte aujourd'hui à une direction intérimaire sclérosée. Face à ce blocage, il lance un appel solennel à une « refondation » globale, affirmant qu'il s'agit de la seule et unique voie pour redonner au PS sa crédibilité historique et lui permettre d'incarner, à nouveau, une alternative politique sérieuse pour les Sénégalais.
 
Dette publique : L'ancien ministre dénonce le coût de la « nébuleuse »  

Dépassant le cadre strictement partisan, Serigne Mbaye Thiam a également profité de cette tribune pour commenter la confrontation économique majeure entre l'actuel régime et l'ancienne administration.
 

Interrogé sur la polémique de la « dette supposée cachée » de l’ancien régime brandie par les nouvelles autorités, le responsable politique a qualifié l'affaire de « nébuleuse », préférant déplacer le débat sur ses conséquences immédiates :
 

« Ce qui est, par contre, certain et grave, c’est le coût payé par les Sénégalais et l’impact sur l’image de notre pays. »