Sonko critique encore la justice à Rabat: « Il y a un clergé qui passe son temps à faire le sale boulot dans cette justice »

JUSTICE
Mercredi 28 Janvier 2026

En marge de sa visite officielle au Maroc, le Premier ministre Ousmane Sonko a rencontré la communauté sénégalaise établie dans le Royaume. Devant ses compatriotes, il a recentré son propos sur un thème qu’il présente comme prioritaire : le fonctionnement de la justice au Sénégal, qu’il décrit comme un “problème fondamental” conditionnant le reste de la vie publique.  “Quand la justice ne marche pas…”
 Sonko a insisté sur l’idée que les dysfonctionnements judiciaires contaminent l’ensemble du système, affirmant en substance que lorsque la justice “ne marche pas”, “tout le reste” s’en trouve fragilisé. 
 Quand la justice ne marche pas, c’est tout le reste qui est anéanti. L’un des problèmes fondamentaux de ce pays, c’est la justice. Et rien n’est fait pour la changer »


Dans la même séquence, il a critiqué une partie de l’appareil judiciaire, évoquant l’existence d’un “clergé” au sein de la justice, tout en laissant entendre que sa critique ne vise pas indistinctement tous les magistrats.

 
« Il y a un clergé qui passe son temps à faire le sale boulot dans cette justice »
Une sortie politique dans un contexte déjà sensible Cette prise de parole intervient alors que Sonko se trouve au Maroc pour la 15e commission mixte Sénégal–Maroc, dans un contexte marqué par les tensions et les images controversées liées à la finale de la CAN. À Rabat, il a d’ailleurs qualifié ces incidents de “douloureux” et “regrettables”, tout en appelant à ne pas les interpréter comme une fracture politique ou culturelle entre deux peuples liés. 

Des médias ont également rapporté que les deux gouvernements ont affiché leur volonté de tourner la page des débordements et de renforcer la coopération bilatérale, notamment économique.  Pourquoi cette déclaration compte En s’adressant à la diaspora, Sonko choisit une scène symbolique : celle d’un public souvent attentif aux questions d’État de droit, d’image internationale et de gouvernance. Son message sur la justice s’inscrit aussi dans un débat interne récurrent au Sénégal : comment réformer sans fragiliser l’indépendance des institutions, et comment restaurer la confiance des citoyens dans la chaîne judiciaire.
Pour ses partisans, ce discours prolonge une promesse de rupture et de refondation institutionnelle. Pour ses détracteurs, il nourrit au contraire des inquiétudes sur la manière dont le pouvoir exécutif parle de l’appareil judiciaire. Quoi qu’il en soit, la séquence de Rabat confirme une tendance : même à l’étranger, et même dans une visite à dominante diplomatique, Sonko continue de politiser les sujets de gouvernance interne.