Tribunal de Dakar : trois militants de PASTEF condamnés à de la prison ferme pour offense au chef de l'état

POLITIQUE
Mercredi 5 Aout 2026

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son délibéré ce mercredi dans l'affaire opposant le ministère public à trois militants du parti Pastef-Les Patriotes.


Interpellés par la Division spéciale de cybersécurité (DSC) suite à la diffusion de vidéos virales sur les réseaux sociaux, Mandoumbé Diop (alias Lamignou Darou), Magueye Diaw (Oustaz Thiep) et Moustapha Ndiaye (Ndiaye Touba) ont tous été reconnus coupables d'offense au chef de l'État et de discours contraire aux bonnes mœurs.

 
Des attaques directes sous couvert de comédie  

À l'origine des poursuites figurent deux enregistrements projetés à l'audience. Dans la première séquence, tournée lors du Magal de Mbacké Bari, le trio s'en prenait à une figure qualifiée de « traître », lui souhaitant des maladies graves — notamment un AVC — ainsi que la mort.


La seconde vidéo mettait en scène le seul Mandoumbé Diop, accusant ouvertement le président de la République Bassirou Diomaye Faye de manquer de courage et contestant son discours lors du lancement du parti Kiiraay.

 

Face aux juges, les prévenus ont tenté de minimiser la portée de leurs écrits et propos. Magueye Diaw et Moustapha Ndiaye ont plaidé le registre de la comédie, soutenant qu'aucun nom ni institution n'avait été explicitement cité.


De son côté, Lamignou Darou a opéré un revirement à 180 degrés à la barre, prétendant commenter l'actualité sans viser directement le chef de l'État — avant de provoquer l'hilarité de la salle en affirmant ne pas « faire partie du Sénégal » sous la pression des questions du procureur.
 
Le tribunal suit la sévérité du parquet  

Une ligne de défense jugée intenable par le procureur Babacar Bèye. Soulignant que le destinataire des attaques ne faisait aucun doute pour l'opinion et rappelant le passé judiciaire de Mandoumbé Diop (déjà condamné en octobre dernier pour des faits similaires), le ministère public a requis des peines allant jusqu'à un an de prison, dont six mois ferme.
 

Malgré les plaidoiries collectives de la défense — dénonçant un procès politique, une tentative d'intimidation et l'absence d'infraction caractérisée —, le tribunal a tranché en prononçant des peines de prison ferme :
 
Mandoumbé Diop (Lamignou Darou) : 3 mois de prison ferme et 500 000 FCFA d'amende. Magueye Diaw (Oustaz Thiep) : 2 mois de prison ferme et 500 000 FCFA d'amende. Moustapha Ndiaye (Ndiaye Touba) : 2 mois de prison ferme et 500 000 FCFA d'amende.


Cette décision vient rappeler la fermeté des juridictions sénégalaises face aux dérapages et attaques personnelles sur les plateformes numériques visant les institutions de la République.