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Umaro Sissoco Embaló annonce son retour à Bissau et sa candidature à la présidentielle, 10 mois aprés le coup d'Etat

INTERNATIONAL
Mardi 29 Septembre 2026

Umaro Sissoco Embaló annonce son retour à Bissau et sa candidature à la présidentielle, 10 mois aprés le coup d'Etat

Dix mois après le coup d'État militaire qui l'a chassé du pouvoir, l'ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló s'apprête à faire son grand retour sur la scène politique nationale.

Depuis son exil, l'ex-chef de l'État a officialisé son intention de se présenter à l'élection présidentielle fixée au 6 décembre 2026, un scrutin crucial censé sceller le rétablissement de l'ordre constitutionnel et le retour des civils au pouvoir.

Alors que des militants de son parti annoncent son arrivée à Bissau pour le 4 octobre, le climat politique demeure particulièrement tendu. Interrogé sur ce retour annoncé, le président de la transition, le général Horta N'Tam, a affiché une posture de neutralité, rappelant que « chaque Guinéen est libre de revenir dans son pays s'il ne se reproche rien ».

Qui est Umaro Sissoco Embaló ?

Présidentielle en Guinée-Bissau : Embaló et Dias revendiquent chacun la  victoire avant les résultats officiels
Âgé de 54 ans, politologue et général de réserve de l'armée, Umaro Sissoco Embaló est une figure centrale et polarisante de la vie politique bissau-guinéenne.

Ancien conseiller international et ministre, il accède au-devant de la scène en occupant le poste de Premier ministre entre novembre 2016 et janvier 2018 sous la présidence de José Mário Vaz.

Candidat du Mouvement pour l'alternance démocratique (Madem-15), une dissidence du parti historique PAIGC, il remporte la présidentielle de fin 2019 et prend officiellement ses fonctions début 2020, au terme d'un imbroglio post-électoral contesté.

Reconnaissable à son franc-parler et au port récurrent du keffieh lors de ses déplacements, il s'est imposé comme une figure diplomatique hyperactive en Afrique de l'Ouest, accédant à la présidence tournante de la CEDEAO entre 2022 et 2023.
Son mandat a été émaillé de vives tensions avec le Parlement contrôlé par l'opposition, conduisant à la dissolution de l'Assemblée nationale à deux reprises et à des accusations récurrentes d'autoritarisme formulées par ses adversaires.

Rappel des faits : Le coup d'État du 26 novembre 2025

Le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo dissout le Parlement - RFI

Le 26 novembre 2025, à la veille de la publication prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives combinées du 23 novembre, l'armée fait irruption dans le jeu politique. Des tirs retentissent près du palais présidentiel à Bissau et les forces armées annoncent la prise du contrôle des institutions et la suspension du processus électoral.

Pour justifier leur coup de force, les militaires affirment avoir déjoué un « plan de déstabilisation du pays » impliquant des acteurs politiques et des barons du narcotrafic.

Cependant, la lecture des faits suscite d'emblée de lourdes interrogations :
 
Un putsch controversé

Destitution du président Embaló : ce que l'on sait du coup de force en  Guinée-Bissau
 De nombreux observateurs internationaux et responsables de l'opposition (notamment du PAIGC et du candidat Fernando Dias) accusent Umaro Sissoco Embaló d'avoir orchestré ou facilité ce « vrai-faux coup d'État » pour interrompre un processus électoral dans lequel les tendances du dépouillement le donneraient battu.

Brièvement arrêté, l'ancien président quitte rapidement le territoire national à destination de Dakar avant d'exposer sa position depuis l'étranger (Maroc, Congo-Brazzaville).

Reconfiguration institutionnelle et cap sur le 6 décembre

Depuis la prise de pouvoir par les militaires, la Guinée-Bissau vit au rythme d'une transition dirigée par le général Horta N'Tam :
 
Étape de la transition Mesure et impact politique
Charte de Transition (décembre 2025) Inégibilité fixée pour les dirigeants de la transition, empêchant le général Horta N'Tam de concourir à la présidentielle.
Référendum du 30 août 2026 Adoption à 70 % d'une nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel fort (suppression du système semi-parlementaire, pouvoir étendu de nomination du Premier ministre et de dissolution du Parlement).
Boycott de l'opposition Le PAIGC et une partie de l'opposition ont rejeté le référendum, dénonçant une restriction des libertés publiques et un passage en force institutionnel.
Élections générales du 6 décembre 2026 Scrutin présidentiel et législatif marquant le retour théorique au pouvoir civil.
 
Un retour aux enjeux juridiques et sécuritaires majeurs

D'un point de vue strict du droit, l'analyste politique Malam Cissé rappelle que rien ne s'oppose à la candidature d'Umaro Sissoco Embaló : il a été évincé par la force et n'a signé aucun acte formel de démission ou de renonciation au pouvoir.
Toutefois, ce retour dans un pays historiquement fragilisé par l'instabilité politique et le poids du narcotrafic international, la Guinée-Bissau servant de zone de transit majeure pour la cocaïne entre l'Amérique latine et l'Europe, s'annonce à haut risque.

L'entrée en lice du président renversé face à un cadre constitutionnel profondément remanié redéfinit l'échiquier politique à deux mois du scrutin.
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