Le paysage médiatique sénégalais s’apprête à changer de cadre. Réuni le mercredi 7 janvier 2026, le Conseil des ministres a examiné et adopté un projet de loi portant création du Conseil national de Régulation des Médias (CNRM) et fixant ses règles d’organisation et de fonctionnement.
Un tournant institutionnel : du CNRA au CNRM
Cette initiative marque une étape importante dans la gouvernance de l’information. Le CNRM est annoncé comme l’organe appelé à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), dont le périmètre est historiquement centré sur la radio et la télévision.
Dans la séquence qui a précédé l’adoption en Conseil des ministres, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, avait déjà expliqué devant les députés que l’objectif est de mettre en place une autorité couvrant, au-delà de l’audiovisuel, les réseaux sociaux, les médias en ligne et les plateformes numériques, afin de combler un vide réglementaire face à la montée en puissance de ces espaces.
Une réforme justifiée par l’évolution des usages (et par la bataille de l’information)
L’adoption du projet de loi intervient dans un contexte où la circulation de l’information ne se limite plus aux canaux “classiques”. Dans des réactions rapportées après le Conseil, le ministre a présenté cette étape comme une « avancée majeure » et a relié la réforme à l’influence croissante des réseaux sociaux sur l’opinion publique et les processus démocratiques.
Du point de vue des enjeux de mésinformation et de désinformation, le message central des autorités est clair : adapter l’architecture de la régulation à un écosystème où les contenus problématiques (rumeurs virales, manipulations, campagnes hostiles, usurpations, harcèlement) circulent vite, franchissent les frontières et s’amplifient par la logique algorithmique. Le ministre a notamment mis en avant la nécessité de limiter la diffusion de contenus illégaux ou nuisibles, citant notamment les discours de haine et la désinformation.
Réguler sans censurer : l’équation politique et démocratique
Parce que toute réforme de régulation peut être instrumentalisée dans l’espace public, la communication gouvernementale insiste aussi sur un équilibre à trouver. Selon les propos rapportés, l’enjeu est de « réguler efficacement sans censurer ni freiner l’innovation », et de préserver la liberté d’expression tout en empêchant ses dérives.
Dans le même esprit, il est avancé que les plateformes numériques pourraient être davantage responsabilisées, notamment sur la modération et la transparence (y compris sur les logiques de visibilité).
Sur le plan juridique, des rappels ont également été faits sur l’existence de sanctions prévues par le Code pénal contre les publications attentatoires à la dignité humaine, indépendamment du support de diffusion.
Ce que dit exactement l’exécutif à ce stade
À ce stade, l’élément formel et vérifiable est l’adoption en Conseil des ministres du projet de loi créant le CNRM. La suite du processus dépendra du calendrier parlementaire (examen, discussions, amendements, adoption), puis des textes d’application et des modalités concrètes de mise en place.
Enjeux de désinformation : quels récits risquent d’émerger ?
Dans un environnement informationnel polarisé, une réforme de régulation peut rapidement devenir le support de narratifs concurrents : “modernisation nécessaire” versus “outil de contrôle”, “protection des citoyens” versus “restriction des libertés”. La façon dont le CNRM sera présenté, ainsi que la transparence sur ses compétences, ses procédures et ses garanties, jouera un rôle déterminant dans la prévention des interprétations abusives ou manipulées.
En résumé, le Sénégal engage un chantier institutionnel visant à doter le secteur d’une régulation mieux alignée sur l’ère numérique, explicitement liée à la lutte contre les contenus nuisibles — dont la désinformation et les discours de haine — tout en affichant l’intention de préserver les libertés publiques.
Un tournant institutionnel : du CNRA au CNRM
Cette initiative marque une étape importante dans la gouvernance de l’information. Le CNRM est annoncé comme l’organe appelé à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), dont le périmètre est historiquement centré sur la radio et la télévision.
Dans la séquence qui a précédé l’adoption en Conseil des ministres, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, avait déjà expliqué devant les députés que l’objectif est de mettre en place une autorité couvrant, au-delà de l’audiovisuel, les réseaux sociaux, les médias en ligne et les plateformes numériques, afin de combler un vide réglementaire face à la montée en puissance de ces espaces.
Une réforme justifiée par l’évolution des usages (et par la bataille de l’information)
L’adoption du projet de loi intervient dans un contexte où la circulation de l’information ne se limite plus aux canaux “classiques”. Dans des réactions rapportées après le Conseil, le ministre a présenté cette étape comme une « avancée majeure » et a relié la réforme à l’influence croissante des réseaux sociaux sur l’opinion publique et les processus démocratiques.
Du point de vue des enjeux de mésinformation et de désinformation, le message central des autorités est clair : adapter l’architecture de la régulation à un écosystème où les contenus problématiques (rumeurs virales, manipulations, campagnes hostiles, usurpations, harcèlement) circulent vite, franchissent les frontières et s’amplifient par la logique algorithmique. Le ministre a notamment mis en avant la nécessité de limiter la diffusion de contenus illégaux ou nuisibles, citant notamment les discours de haine et la désinformation.
Réguler sans censurer : l’équation politique et démocratique
Parce que toute réforme de régulation peut être instrumentalisée dans l’espace public, la communication gouvernementale insiste aussi sur un équilibre à trouver. Selon les propos rapportés, l’enjeu est de « réguler efficacement sans censurer ni freiner l’innovation », et de préserver la liberté d’expression tout en empêchant ses dérives.
Dans le même esprit, il est avancé que les plateformes numériques pourraient être davantage responsabilisées, notamment sur la modération et la transparence (y compris sur les logiques de visibilité).
Sur le plan juridique, des rappels ont également été faits sur l’existence de sanctions prévues par le Code pénal contre les publications attentatoires à la dignité humaine, indépendamment du support de diffusion.
Ce que dit exactement l’exécutif à ce stade
À ce stade, l’élément formel et vérifiable est l’adoption en Conseil des ministres du projet de loi créant le CNRM. La suite du processus dépendra du calendrier parlementaire (examen, discussions, amendements, adoption), puis des textes d’application et des modalités concrètes de mise en place.
Enjeux de désinformation : quels récits risquent d’émerger ?
Dans un environnement informationnel polarisé, une réforme de régulation peut rapidement devenir le support de narratifs concurrents : “modernisation nécessaire” versus “outil de contrôle”, “protection des citoyens” versus “restriction des libertés”. La façon dont le CNRM sera présenté, ainsi que la transparence sur ses compétences, ses procédures et ses garanties, jouera un rôle déterminant dans la prévention des interprétations abusives ou manipulées.
En résumé, le Sénégal engage un chantier institutionnel visant à doter le secteur d’une régulation mieux alignée sur l’ère numérique, explicitement liée à la lutte contre les contenus nuisibles — dont la désinformation et les discours de haine — tout en affichant l’intention de préserver les libertés publiques.