Yankhoba Diémé dénonce la « victimisation » d'Ousmane Sonko: "Je ne crois pas aux hommes irremplaçables"

POLITIQUE
Mardi 28 Juillet 2026

Dans une interview accordée à Seneweb, le ministre Yankhoba Diémé a livré une analyse sans concession des tensions politiques qui secouent le sommet de l'État.


« J'ai un contrat social avec la République, pas avec Diomaye ou Sonko. Je ne crois pas aux hommes irremplaçables. Ousmane Sonko n'est jamais venu dans ma commune et, pourtant, nous n'y avons jamais perdu depuis que je suis coordonnateur. Cela prouve que nous avons travaillé à faire aimer aux populations l'homme qui portait notre projet politique ».
 
Fustigeant ce qu'il qualifie de manœuvres de déstabilisation et de communication trompeuse à l'encontre du président Bassirou Diomaye Faye, le ministre est revenu en détail sur le dossier des indemnisations, la gestion des fonds politiques et le statut de l'ancien président Macky Sall.
 
« C'est à l'Assemblée nationale que j'ai appris que le Premier ministre disposait de 1,770 milliard de francs CFA de fonds politiques. Avec un tel montant, il était possible d'indemniser un nombre important de victimes. »
 
« Narcissisme » et stratégie de victimisation

Interrogé sur la détérioration des relations entre le palais présidentiel et l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, Yankhoba Diémé a dénoncé une tentative de manipulation de l'opinion publique visant à faire passer le chef de l'État pour le responsable des blocages institutionnels :
 
« Cet esprit de narcissisme et cet ensemble de turpitudes cumulés par une personne finissent par faire passer la victime pour le bourreau. »


Selon le ministre, cette posture de « victimisation manifeste » cherche délibérément à altérer la confiance des Sénégalais envers le président de la République.


Indemnisation des anciens détenus : Mises au point sur les responsabilités et les fonds politiques


Rejetant catégoriquement les accusations imputant au président Diomaye Faye les retards constatés dans l'indemnisation des victimes et anciens détenus politiques, Yankhoba Diémé a rappelé que des directives explicites avaient été données en Conseil des ministres au gouvernement et aux ministères sectoriels concernés.
 
« Il a été affirmé que si les indemnisations n'ont pas été versées, c'est à cause du président Diomaye. C'est faux. Le président a donné des instructions claires au Premier ministre et au ministre chargé de la Famille lors d'un Conseil des ministres », a-t-il soutenu.


Le ministre s'est également montré très critique envers la communication entourant le renoncement au salaire du Premier ministre :
 
 « On a raconté que le leader avait offert son salaire de quatre millions de francs CFA aux victimes pour compenser les indemnisations. Mais cette communication ne doit pas masking les responsabilités de l'État dans ce dossier. »


« Filouterie parlementaire » et statut républicain de Macky Sall

Abordant le volet institutionnel, le ministre a fustigé l'attitude de certains parlementaires lors des récents débats sur la révision constitutionnelle, dénonçant une « filouterie parlementaire » qui a détourné la main tendue du chef de l'État au dialogue national.


Enfin, réagissant aux polémiques entourant la liberté de mouvement de l'ancien président Macky Sall sur le territoire national, Yankhoba Diémé a tenu à rappeler le strict respect de l'État de droit par le président Bassirou Diomaye Faye :
 
« Certains disent que le président a changé parce qu'il laisse Macky Sall circuler librement avec la protection de la police et de la gendarmerie. Pourtant, le chef de l'État est simplement dans son rôle. L'ancien président ne fait l'objet d'aucune accusation ni d'aucune poursuite judiciaire. »

Poursuivant sa mise au point, le ministre a rappelé aux jeunes militants que la mise en cause d'un ancien chef d'État obéit à des règles constitutionnelles précises, relevant exclusivement d'une procédure pour haute trahison initiée par les députés. Il a conclu en affirmant que si l'ancien président apportait les clarifications requises sur certains dossiers, rien ne s'opposerait à ce que le président Diomaye Faye le reçoive dans le cadre du protocole républicain