. S'il réaffirme son ancrage originel, il livre un réquisitoire implacable contre la dérive de la direction actuelle du parti mené par Ousmane Sonko.
Le paradoxe d'une double appartenance revendiquée
Pour Aldiouma Sow, la clarté politique n'exclut pas la fidélité aux convictions de la première heure. C'est pourquoi il affiche une posture qu'il refuse de voir qualifiée de dissidence :
« Je suis toujours du Pastef… mais aussi de Diomaye-Président. »
L'ancien cadre du Bureau politique national explique que le retrait de Pastef de la coalition Diomaye-Président n'a jamais été régulièrement validé par les instances compétentes du parti. C’est fort de ce constat qu'il continue de se réclamer du parti tout en apportant un soutien sans réserve au chef de l'État.
Cette liberté de ton lui a toutefois valu d'être mis à l'écart : exclusion du groupe WhatsApp du Bureau politique national et destitution de son poste de coordinateur communal à Somone. Loin d'y voir une sanction, il analyse cette mise au ban comme le symptôme d'un mal plus profond : l'installation d'une logique « messianique » dominée par des « Sonko-dépendants » et l'incapacité de la direction actuelle à accepter la pluralité des opinions.
Un réquisitoire sévère contre la méthode Ousmane Sonko
Aldiouma Sow ne ménage pas l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, dont il conteste vigoureusement la stratégie de confrontation permanente. Il fustige notamment les menaces de motion de censure agitées par ce dernier, rappelant d'abord qu'une telle initiative ne peut juridiquement être déposée avant la prochaine session parlementaire. Au-delà du calendrier, il y voit des calculs politiciens :
« Les dossiers des martyrs, de la reddition des comptes ou encore des fonds politiques sont utilisés comme des leviers de positionnement politique. »
Il accuse Ousmane Sonko de privilégier une logique de conquête et de préservation du pouvoir au détriment des priorités nationales, affirmant que les préoccupations des Sénégalais passent désormais au second plan. Pour le conseiller politique, cette stratégie se heurtera à l'autorité de l'État :
« Le chef de l’État ne sacrifiera jamais les intérêts supérieurs de la Nation ni la stabilité des institutions pour satisfaire les ambitions d’un homme qui, lorsqu’il était Premier ministre, a eu l’occasion de démontrer les limites de sa gouvernance. »
Deux visions opposées de l'État et des institutions
Le débat actuel met en relief, selon lui, deux cultures politiques inconciliables. D'un côté, il salue la posture du président Bassirou Diomaye Faye, qu'il décrit comme un homme d'apaisement, respectueux des procédures et attaché aux concertations nationales.
À cet égard, la récente décision du Conseil constitutionnel invalidant une partie de la révision constitutionnelle est perçue par Sow comme une preuve du bon fonctionnement des institutions républicaines. De l'autre côté, il dénonce une ancienne majorité parlementaire encline à privilégier le passage en force.
Face à la fatigue des Sénégalais, des entreprises et à l'inquiétude des investisseurs qui n'osent plus risquer leurs capitaux au Sénégal, Aldiouma Sow exhorte le pouvoir à siffler la fin de la récréation politicienne :
« Le président doit aussi cesser la politique politicienne. Tout ce que je vois ces jours-ci ne rassure pas. Il a déjà un cadre qui le soutient avec Coalition Diomaye. La politique doit cesser pour qu’on se concentre sur les problèmes du pays. »
La structuration du futur parti présidentiel est lancée
Pour porter cette vision républicaine, Aldiouma Sow confirme qu'une équipe — dont il fait partie aux côtés d'Aminata Touré — travaille activement, sous l'impulsion de Bassirou Diomaye Faye, à la création d'une nouvelle formation politique.
Ce futur parti se veut un retour aux sources : il puisera son inspiration dans le Pastef originel des années 2015-2016, bâti sur le patriotisme, l'éthique et la démocratie, tout en rompant définitivement avec la dérive messianique de l'actuelle direction.
Pour Aldiouma Sow, cette nouvelle dynamique a pour vocation de structurer le « camp démocratique, patriotique et républicain » pour porter les réformes de l'alternance de 2024. Il conclut avec cette formule en guise de profession de foi :
« Le Projet n’appartient à personne ; il appartient au peuple sénégalais. »