​Guerre des clans au PASTEF : le DG du FAISE Khoureychi Thiam dénonce une «dictature » par WhatsApp

POLITIQUE
Mardi 7 Juillet 2026

La purge numérique se poursuit à pas de charge au sein de la mouvance présidentielle. Après l'éviction spectaculaire de Fatou Kiné Diakhaté de la direction du Mouvement National des Cadres Patriotes (MONCAP), c'est au tour de Khoureychi Thiam de monter au créneau.


 Le Directeur général du Fonds d'Appui à l'Investissement des Sénégalais de l'Extérieur (FAISE) fustige son exclusion unilatérale et sans sommation des vagues de discussion du mouvement par la ministre Khady Diène Gaye. Une charge frontale qui lève un peu plus le voile sur les méthodes de l'appareil du parti pour étouffer la dissidence.

Au PASTEF, le bouton « exclure le participant » est-il en train de devenir l'arme de destruction politique favorite des légitimistes ? Alors que le schisme entre les partisans d’Ousmane Sonko et les tenants de la nouvelle dynamique présidentielle de Bassirou Diomaye Faye s'accentue, la bataille des plateformes de discussion fait rage. Dernier banni en date de cette "guerre des clics" : Khoureychi Thiam, figure montante des cadres patriotes et candidat déclaré à la mairie de Dakar.

Exclu des réseaux du parti sans explication

C'est à travers une tribune particulièrement virulente parcourue par Seneweb que le Directeur général du FAISE a choisi d'exposer publiquement son amertume. Pour ce cadre de la première heure, la méthode employée par l'actuelle direction du MONCAP est révélatrice d'un profond déficit de démocratie interne.

« J’ai récemment constaté que j’avais été retiré de plusieurs groupes WhatsApp du Moncap par Mme Khady Diène Gaye, sans le moindre appel, sans la moindre explication et sans même un simple message de courtoisie », assène-t-il avec force.

Pour M. Thiam, cette mise à l'écart numérique n’est pas un détail technique anodin. Elle s’attaque directement à la dignité et au respect dus à chaque militant ayant consenti d’énormes sacrifices pour porter le parti au pouvoir.


 

Le « crime » de lèse-majesté : l'ombre de Fatou Kiné Diakhaté

Derrière ce bannissement soudain, les raisons politiques ne font guère de doute. Khoureychi Thiam a payé le prix fort pour sa participation, le week-end dernier, à une cérémonie officielle de présentation de projets communautaires. Le problème ? Cet événement était initié par Fatou Kiné Diakhaté (surnommée Fifi), la ministre Directrice de cabinet adjointe du Président, récemment purgée du parti pour avoir proclamé que « le Projet » était désormais incarné par Diomaye Faye.

Loin de regretter son geste, le patron du FAISE assume totalement sa proximité avec l'aile présidentielle :
 « Si c’était à refaire, je répondrais de nouveau présent, au premier rang, comme je l’ai toujours fait. Car notre engagement est au service d’une nation, et non d’un groupe de personnes », martèle-t-il.
Cet épisode s'ajoute à un passif déjà lourd entre Khoureychi Thiam et la direction du parti, sa candidature déclarée pour le poste très convoité de maire de la ville de Dakar ayant déjà « fait couler beaucoup de salive » au sein des instances du PASTEF.

Un réquisitoire contre la « dictature » et l'exclusion unilatérale

Rappelant qu'il a toujours respecté les orientations du parti sans jamais faillir à ses responsabilités, Khoureychi Thiam refuse de se murer dans le silence. Sa conclusion en forme de sentence sonne comme un avertissement solennel destiné à la direction historique du parti, qu’il accuse à demi-mot de dérive autoritaire.

Pour lui, un grand parti politique se construit exclusivement par l’écoute, le dialogue, la transparence et le respect mutuel, mais «jamais par une dictature, l’exclusion ou des décisions unilatérales ». Alors que la Task Force d'Aminata Touré s'active pour structurer le futur parti du président Diomaye Faye, ces purges à répétition sur WhatsApp risquent d'accélérer la fuite des cerveaux et des cadres du PASTEF vers la nouvelle formation présidentielle. La rupture est définitivement consommée.