Un blocage qui illustre l'absence de consensus entre la majorité PASTEF et le gouvernement, tout en suscitant l'ire de l'opposition parlementaire.
Une journée de marathon et de suspensions à répétition
Convoquée initialement pour 9 heures du matin, la commission des Finances et du Contrôle budgétaire n'a ouvert ses travaux qu'à 10 h 30. La journée s'est rapidement transformée en un bras de fer d'usure. La première suspension est intervenue à 14 heures, suivie d'une reprise à 15 h 30.
La seconde suspension a été décidée vers 18 h 55 à la suite des réponses apportées par le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba.
Le huis clos de la nuit, prévue pour être brève, cette seconde pause s'est étirée jusqu'à plus de 22 heures. Ce laps de temps a été le théâtre de négociation intenses et directes entre les députés et les émissaires du gouvernement sur la communication de pièces justificatives essentielles.
C'est finalement vers 22 h 05 que le président de la commission des Finances, Alphonse Mané Sambou, a entériné la suspension des débats et le renvoi formel de la séance au jeudi 22 octobre à 15 heures.
Défaut de consensus entre PASTEF et l'Exécutif : Des justificatifs supplémentaires exigés
Ce blocage concrétise les menaces de fermeté formulées par la majorité parlementaire. Le groupe PASTEF - Les Patriotes a publiquement indiqué qu'en dépit de plusieurs compromis partiels, aucun consensus « global et solide » n'a pu être trouvé avec le gouvernement sur les orientations du texte budgétaire.
Des désaccords majeurs persistent sur des points clés de la LFR 2026, poussant la commission à exiger de l'équipe ministérielle la transmission urgente de documents comptables et de justificatifs supplémentaires avant toute reprise des travaux. Par contrecoup, la séance plénière, initialement programmée pour le vendredi 23 octobre, a été repoussée à la semaine suivante à la demande du gouvernement.
La fronde de l'opposition : Takku Wallu Sénégal dénonce un vice de procédure
Cette décision de report et les tractations en coulisses ont immédiatement provoqué la colère des groupes d'opposition.
Par la voix de sa présidente Aïssata Tall Sall, le groupe parlementaire s'est fermement désolidarisé des « négociations » mentionnées par PASTEF, dénonçant une gestion partisane des travaux de la commission.
Accusations d'illégalité par Abdou Mbow
Le cadre de l'opposition Abdou Mbow a soutenu que la décision de reporter les travaux ne reposait sur « aucun fondement juridique valable ». Il a en outre contesté à la commission des Finances toute légitimité à vouloir renégocier unilatéralement les engagements financiers et budgétaires de l'État.
En repoussant l'examen de ce texte névralgique, l'Assemblée nationale offre le spectacle d'une crise de confiance inédite entre la majorité parlementaire et l'Exécutif, plaçant l'adoption des rectificatifs budgétaires 2026 sous une très haute tension politique.
