​La Guinée-Bissau gèle ses relations avec le Cap-Vert

POLITIQUE
Jeudi 16 Juillet 2026


Rien ne va plus entre Bissau et Praia. Le gouvernement de transition dirigé par la junte en Guinée-Bissau a annoncé le « gel » de ses relations diplomatiques avec le Cap-Vert. Cette décision drastique fait suite à des déclarations jugées outrageantes et à ce que Bissau qualifie d'ingérence inacceptable dans ses affaires intérieures.



 
La tension est montée d'un cran mercredi dans l'espace deophones de l'Afrique de l'Ouest. C'est par la voix de Fernando Vaz, porte-parole du Conseil national de transition (CNT) bissau-guinéen, que la rupture a été officialisée, comme le rapporte le site d'information privé Capital News.

 
« Personne ne nous dicte notre conduite »
 

Le pouvoir de transition à Bissau n'a pas caché sa colère face à l'attitude de son voisin insulaire. S'exprimant avec fermeté, Fernando Vaz a dénoncé une intrusion caractérisée dans la souveraineté nationale :

 
« Nous exigeons le respect. La Guinée-Bissau est libre, et personne ne nous dicte notre conduite. »
 
 




Le porte-parole du CNT est allé encore plus loin dans l'escalade verbale en accusant directement le gouvernement cap-verdien de s'aligner sur des intérêts étrangers, affirmant que Praia recevait « des ordres directs de la part du Portugal », l'ancienne puissance coloniale commune aux deux nations.

 
L'étincelle : L'arrestation de l'opposant Domingos Simões Pereira


Cette rupture diplomatique brutale intervient au lendemain d'une prise de position publique très remarquée du Premier ministre du Cap-Vert, Francisco Carvalho. Ce dernier avait exprimé sa vive préoccupation concernant l'arrestation de Domingos Simões Pereira, figure majeure de l'opposition en Guinée-Bissau, tout en exigeant sa libération immédiate.

 
 



Cette exigence de libération a été perçue par la junte au pouvoir à Bissau comme une provocation et une interférence « intolérable » dans son système judiciaire et politique interne. En décidant de geler ses liens avec Praia, le gouvernement de transition bissau-guinéen envoie un signal de fermeté à ses partenaires régionaux, quitte à fragiliser un peu plus la cohésion au sein de la communauté des pays de langue portugaise (CPLP).