​Parti Socialiste : Aminata Mbengue Ndiaye assignée en référé le 2 novembre par des cadres contestataires

POLITIQUE
Vendredi 23 Octobre 2026


Sept ans après sa prise de fonction à la tête du Parti socialiste (PS) à la suite du décès d'Ousmane Tanor Dieng, Aminata Mbengue Ndiaye fait face à une fronde judiciaire interne d'une ampleur inédite. Selon des informations révélées par le quotidien Les Échos, la secrétaire générale par intérim du PS a été convoquée devant le juge des référés pour le 2 novembre 2026 à la demande de jeunes cadres du parti bien décidés à mettre fin à ce qu'ils qualifient de « prise d'otage ».

Une contestation menée par la jeune garde du parti

À l'origine de cette offensive judiciaire figure un groupe de jeunes responsables du Parti socialiste, comprenant notamment Daour Sagna, Amadou Sow, Birahima Camara et Ibrahima Ndiaye. Représentés par l'avocat Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, les plaignants dénoncent l'immobilisme de la direction actuelle et exigent le retour au respect strict de la démocratie interne.

Les griefs formulés à l'encontre d'Aminata Mbengue Ndiaye et de son entourage s'articulent autour de plusieurs axes dont un intérim prolongé. En poste depuis mai 2019, la dirigeante est accusée d'avoir pérennisé une situation transitoire au-delà de toute mesure raisonnable.

Les plaignants deplorent aussi une « léthargie incompréhensible ». Les contestataires dénoncent l'inactivité des instances décisionnelles et le gel des activités politiques du parti.

L'action en justice accuse un « groupuscule » proche de la secrétaire générale par intérim de confisquer l'appareil du parti au détriment des militants et des intérêts stratégiques du PS.

Le fondement juridique : Expiration des mandats statutaires depuis 2018

Pour fonder leur action devant le juge des référés, les requérants s'appuient sur les dispositions statutaires régissant le fonctionnement de la formation politique fondée par Léopold Sédar Senghor.

Les plaignants rappellent que l'ensemble des mandats issus du dernier congrès ordinaire des 6 et 7 juin 2014 sont statutairement expirés depuis le 9 juin 2018, y compris celui de Secrétaire général.

Les textes du PS imposent la tenue d'un congrès ordinaire tous les quatre (04) ans, précédé du renouvellement intégral des structures de base à l'échelle locale et régionale.

La demande adressée au juge : La désignation d'un mandataire ad hoc

Face au refus ou à l'impossibilité constatée de la direction d'organiser les instances réglementaires, les jeunes cadres socialistes sollicitent de la justice une mesure d'administration judiciaire.

Il souhaite faire constater l'expiration formelle de l'ensemble des mandats des dirigeants et des instances nés du congrès de 2014, désigner un ou plusieurs mandataires ad hoc indépendants, chargés de superviser la reprise du processus démocratique interne et enfin piloter l'organisation d'un nouveau congrès ordinaire visant à renouveler les instances de base et à élire un nouveau secrétaire général de manière transparente.

Cette bataille judiciaire, fixée à l'audience du 2 novembre prochain, pose un défi critique quant à la succession politique au sein de la Maison du Parti à Colobane et pourrait marquer un tournant dans la recomposition de la gauche sociale-démocrate sénégalaise.