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​Seules 240 ONG sur 800 en règle, l’État mise sur la plateforme e-OSC pour structurer le secteur

POLITIQUE
Jeudi 22 Octobre 2026


 
À l’occasion d’un atelier de réflexion sur le développement durable post-2030 organisé par le Conseil des organisations non gouvernementales d'appui au développement (CONGAD), les autorités administratives ont tiré la sonnette d'alarme sur le respect des règles de redevabilité. Sur 800 organisations de la société civile (OSC) recensées au Sénégal, seules 240 transmettent régulièrement leurs rapports d'activités, selon la Direction générale de l'administration territoriale.


Un déficit de redevabilité qui freine l'évaluation des investissements

Présente lors des échanges organisés avec l'appui du réseau international FORUS dans le cadre du projet Cycle 7, la directrice du partenariat et des ONG, Fatou Mokhtar Fall Faye, a rappelé les exigences réglementaires qui pèsent sur les acteurs non gouvernementaux. Tout organisme légalement reconnu a en effet l'obligation légale de transmettre des rapports d'activités semestriels et annuels aux préfets et gouverneurs de région.
 
Ce manque de conformité administrative entraîne des conséquences directes sur le suivi des politiques publiques :
 
« Nous ne pouvons pas capitaliser l'ensemble des investissements qui sont menés sur le terrain, ni mesurer l'impact, parce que derrière, il n'y a pas une meilleure appropriation des aspects liés à la redevabilité », a déploré Mme Faye.
 
Mettant les acteurs face à leurs responsabilités, la responsable administrative a souligné l'impératif pour la société civile d’être exemplaire en matière de transparence et d'exemplarité opérationnelle.


Digitalisation et accompagnement : La réponse par la plateforme e-OSC

Loin d'adopter une posture répressive, le ministère de l'Intérieur privilégie la sensibilisation et l'encadrement des structures défaillantes. Pour faciliter les démarches et moderniser la gestion du secteur, la Direction générale de l'administration territoriale a lancé la plateforme numérique e-OSC.
 
Ce nouvel outil vise à dresser une cartographie nationale en identifiant avec précision l'ensemble des associations et ONG opérant sur le territoire national.
 
Il souhaite accroître la visibilité en mettant en valeur la contribution réelle de la société civile dans les différentes régions et en evaluant l'impact socio-économique.

Un partenariat d'État guidé par le dialogue
Reconnaissant que la présence et le travail des ONG sont « mesurables sur le terrain » et hautement « perceptibles », la directrice du partenariat a tenu à rassurer les partenaires du développement.

 
« Nous ne sommes pas dans une dynamique de faire les gendarmes, pour arrêter les activités des ONG, mais de les amener à ce qu'elles puissent respecter leurs obligations, à davantage les sensibiliser en leur rappelant leurs obligations », a conclu Fatou Mokhtar Fall Faye.
 
Dans un contexte de refonte des instruments de gouvernance et d'exigence accrue en matière de transparence financière d'État, ce rappel à l'ordre invite la société civile sénégalaise à s'inscrire pleinement dans la culture de la redevabilité globale.
 

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