À l’audience, la défense de Ndella Madior Diouf, principale mise en cause, a tenté une nouvelle fois d’obtenir sa mise en liberté provisoire. Son avocat, Me Aboubacry Barro, a plaidé en faveur d’un assouplissement, allant jusqu’à proposer le port d’un bracelet électronique. Il a invoqué des motifs humanitaires, rappelant que sa cliente a perdu son père durant sa détention et soulignant qu’elle affirme avoir recueilli des enfants en détresse pour les protéger de situations extrêmes, notamment des risques d’infanticide.
Le ministère public n’a toutefois pas été convaincu. Le procureur s’est fermement opposé à toute remise en liberté, insistant sur la gravité des faits reprochés, le risque de trouble à l’ordre public et la nécessité de garantir la sérénité du procès. Il a également évoqué un risque de collusion entre témoins en cas de libération anticipée. Le tribunal a suivi ces réquisitions et a décidé de maintenir Ndella Madior Diouf en détention.
Poursuivie avec plusieurs coaccusés, l’initiatrice de la pouponnière « Keur Yeurmandé » fait face à dix chefs d’accusation, dont notamment : traite de personnes, exercice illégal de la médecine, privation de soins ayant entraîné la mort, mise en danger de la vie d’autrui et homicide involontaire. Placée sous mandat de dépôt en décembre 2023, en même temps que son assistant Cheikh Tidiane Ndiaye, elle reste derrière les barreaux, tandis que seize autres prévenus bénéficient d’un contrôle judiciaire ou d’une liberté provisoire.
Le renvoi au 10 février devrait permettre au tribunal de réunir toutes les parties prenantes autour d’un dossier particulièrement sensible, où se croisent questions de protection de l’enfance, responsabilités individuelles et faille présumée dans le suivi des structures d’accueil. D’ici là, Ndella Madior Diouf restera en détention, dans l’attente d’un procès très scruté par l’opinion et les défenseurs des droits des enfants.
