Dans un entretien accordé au quotidien Les Échos, l'ancien parlementaire lève le voile sur sa rencontre de début juillet avec le président Bassirou Diomaye Faye, confirme son statut de membre fondateur de la nouvelle formation présidentielle Kiiraay et livre un diagnostic sans concession sur l'état économique et institutionnel du pays.
Formation à Sciences Po et plaidoyer pour la régénération de la classe politique
Justifiant son absence prolongée des plateaux télévisés et du débat public, Babacar Abba Mbaye indique avoir suivi un cursus de renforcement à Sciences Po Paris. Selon lui, cette démarche visait à répondre à un impératif de qualification face à l'essor des technocrates dans l'appareil d'État.
Il conteste l'idée selon laquelle les acteurs politiques seraient par nature moins vertueux ou moins aptes à gérer les affaires publiques que les technocrates.
Il appelle les formations traditionnelles à réformer leurs méthodes de recrutement pour promouvoir des profils dotés d'une véritable culture d'État et d'un sens républicain affirmé.
Une alliance stratégique avec Bassirou Diomaye Faye au sein de Kiiraay
Révélant avoir été reçu au début du mois de juillet 2026 par le chef de l'État, le patron de « Convictions » affirme que cette discussion franche l'a convaincu d'apporter sa pierre à l'édifice présidentiel. Il officialise ainsi sa qualité de membre fondateur du parti Kiiraay, estimant que la priorité absolue doit être la relance économique et le rétablissement de la confiance des investisseurs internationaux.
Sur le terrain, Babacar Abba Mbaye annonce qu'il prendra personnellement en charge l'implantation du parti Kiiraay dans l'ensemble du département de Saint-Louis en vue des prochaines échéances locales, anticipant un ralliement progressif de nombreux cadres politiques autour de la figure présidentielle.
Inquiétudes économiques et critiques ciblées sur la gouvernance
Analysant la situation nationale, l'ancien député exprime ses vives inquiétudes face à la dégradation de la qualité du débat public et au poids de la dette publique.
Il alerte sur le risque de voir les futurs emprunts servir prioritairement au remboursement de la dette plutôt qu'aux investissements structurants, ce qui expliquerait la baisse des investissements directs étrangers (IDE).
Il fustige les récentes controverses portant sur l'allongement de la durée du mandat présidentiel, les qualifiant de distractions dangereuses qui braquent inutilement la population alors que le gouvernement a besoin d'apaisement.
Il pointe du doigt le manque de cohérence entre la suppression d'institutions jugées budgétivores (comme le CESE ou le HCCT) et la hausse constatée des fonds politiques accordés à la Primature, appelant l'exécutif à « retrouver du sens ».
