L'ancien député n'a pas manié la langue de bois pour fustiger ce qu'il qualifie de dérive budgétivore, aux antipodes des promesses de sobriété de la version originelle du PASTEF.
« Une équipe de foot sans 11e joueur » : La métaphore ironique
C'est par une comparaison sportive plutôt inattendue que l'ancien parlementaire a choisi d'ouvrir son réquisitoire. En découvrant l'alignement des visages choisis pour composer la nouvelle nomenclature du perchoir, Cheikhou Oumar Sy avoue avoir d'abord cru à une blague :
« À première vue, je pensais que c'était le classement de l'équipe du Maroc contre la France. Je me posais la question à savoir : Mais où est le 11ième joueur ? »
Derrière la boutade, la sentence tombe, lourde et sans appel : pour lui, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un « cabinet fictif » taillé sur mesure pour caser la nomenklatura politique du parti au pouvoir.
Une facture de 200 millions de FCFA par an pour le contribuable
Au-delà de la critique de forme, c'est l'impact direct sur les finances publiques qui fait bondir l'ancien député. Alors que le slogan de la réduction du train de vie de l’État a été le cheval de bataille de la transition, les calculs de Cheikhou Oumar Sy font grincer des dents :
Ce nouveau cabinet présidentiel de l'Assemblée nationale va coûter au bas mot 200 millions de FCFA par an aux contribuables sénégalais.
Une enveloppe de 100 millions de FCFA serait laissée à ceux qui se sont « réellement sacrifiés pour le projet », tandis que l'état-major se réserve la part du lion.
« La révolution a des réalités douces »
Pour Cheikhou Oumar Sy, ce revirement structurel met à nu les contradictions de la nouvelle élite politique. L'ancien parlementaire fustige une fâcheuse tendance à vouloir « protéger et entretenir » les cadres du parti au pouvoir sous couvert de la bonne cause, tout en oubliant la rigueur promise aux électeurs.
Il termine sa charge par une formule lapidaire qui claque comme un slogan de désillusion : « Un mandat mille revirements ». Une manière de rappeler que face aux réalités et aux délices du pouvoir, les promesses de rupture ont parfois tendance à s'évaporer bien vite dans les couloirs des institutions.
