Refusant la posture du chantage tout comme celle de la complaisance, l'ancienne formation au pouvoir exige des réponses d'urgence et avertit : si l'impasse institutionnelle entre l'Exécutif et la majorité parlementaire devait durer, la question d'une dissolution et d'un retour aux urnes deviendrait inévitable.
« Qui supporte le coût des errements ? » : La charge de l'APR contre le pouvoir
Au cœur du réquisitoire formulé par les camarades de Macky Sall figure une dénonciation ferme du coût humain et économique des tensions au sommet de l'État. Pour l'APR, les responsables politiques et les parlementaires restent protégés par leurs privilèges et indemnités, tandis que les populations paient le prix fort de la crise budgétaire :
- Privés du paiement de la dette intérieure et suspendus aux arbitrages de l'État.
- Sourdement frappés par l'érosion continue de leur pouvoir d'achat.
- Des structures sanitaires et des établissements scolaires au bord de l'asphyxie financière.
Les sept exigences fondamentales de l'opposition
Rappelant son ancrage dans une opposition responsable, l'APR a formellement soumis une feuille de route d'exigences au gouvernement pour sortir de la nasse économique :
La clarification immédiate des engagements et des négociations en cours avec le Fonds monétaire international.
- La publication d'un calendrier de paiement crédible et transparent pour sauvegarder le tissu économique.
- Des mesures concrètes pour protéger le panier de la ménagère et garantir la sécurité de l'approvisionnement énergétique.
- Le respect strict des accords signés avec les partenaires sociaux et syndicaux.
- La dotation d'urgence de moyens adéquats aux hôpitaux et aux écoles.
- La mesure préalable des répercussions des décisions financières sur l'emploi et les couches vulnérables.
- La publication rapide d'un calendrier électoral clair et incontestable.
Tensions Exécutif-Législatif : L'ombre d'une dissolution ou de nouvelles élections
Sur le terrain politique et institutionnel, l'APR observe avec sévérité le duel opposant le gouvernement à sa propre majorité parlementaire à l'Assemblée nationale.
Tout en rappelant que la séparation des pouvoirs exige que l'Exécutif gouverne et que le Parlement contrôle librement sans entraver la continuité de l'État, le parti d'opposition pose un ultimatum voilé.
Si le blocage autour de la LFR 2026 et les contradictions au sommet du pouvoir devaient mener à une « impasse durable », l'APR estime qu'un retour aux urnes, à travers le mécanisme constitutionnel de dissolution, deviendrait une option légitime pour trancher la crise de légitimité.
Une perspective qui ne saurait toutefois, selon le parti, servir de prétexte à l'Exécutif pour différer la résolution des urgences sociales immédiates.
