Menu


Énergie, pétrole et mines : les “44 agents” durcissent le ton et brandissent la menace d’un recours international

ECONOMIE
Mardi 20 Janvier 2026

Malgré des engagements annoncés “au plus haut sommet de l’État”, le bras de fer entre la tutelle et le collectif des 44 agents du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines s’enlise. En cessation d’activités depuis plusieurs mois, ces travailleurs affirment que leur réintégration, qu’ils pensaient acquise dans le cadre du Pacte social, est désormais bloquée. Réunis en conférence de presse, ils dénoncent une “volte-face” de l’administration et annoncent une riposte judiciaire pouvant aller jusqu’aux juridictions internationales.

Une attente déçue malgré le Pacte social

Le collectif explique avoir fondé ses espoirs sur des directives du Président de la République et du Premier ministre, évoquées dans le sillage du Pacte social. Mais, selon lui, le ministère de tutelle aurait opposé une fin de non-recevoir à toute reprise, au moment même où s’installe le dispositif de suivi des engagements.

Face à cette situation, le ton est monté d’un cran. Le coordonnateur du collectif, Omar Dramé, a fustigé les propos tenus par le représentant du ministre Birame Soulèye Diop lors de l’installation du Comité technique de suivi du Pacte social (signé le 1er mai 2025), estimant qu’ils contredisent l’hypothèse d’une réintégration annoncée. Pour le collectif, cette posture va à l’encontre d’engagements pris le 6 août 2025.

“Trahison”, “collusion” : le collectif vise aussi un responsable syndical

La contestation ne se limite pas à l’administration. Dans une sortie particulièrement offensive, le collectif a aussi mis en cause le Secrétaire général du Syndicat national des mines et de la géologie, accusé de tenir des propos “fallacieux” et d’agir au détriment des agents concernés. Le coordonnateur estime que le syndicaliste chercherait à compromettre leur carrière “pour complaire au ministre”, allant jusqu’à dénoncer une forme de collusion.

Cette escalade révèle une fracture au sein même de l’écosystème social du secteur : d’un côté, des agents qui se présentent comme victimes d’une rupture injustifiée ; de l’autre, une tutelle et des relais syndicaux que le collectif accuse de verrouiller le dossier.

Une précarité qui s’installe

Derrière l’affrontement administratif, le collectif décrit une situation sociale alarmante. Pères et mères de famille, les 44 agents disent subir une précarité extrême depuis l’arrêt de leurs contrats, affirmant ne plus pouvoir couvrir les besoins essentiels. L’argumentaire insiste sur la dignité et la survie, et sur le caractère “non négociable” de la réintégration.

Le collectif prévient également qu’il refusera toute option de remplacement par de nouveaux recrutements, estimant que la solution doit passer par la restauration de leurs droits et la reprise effective.

À défaut d’une issue politique, les agents annoncent un plan d’action structuré. Il comprend la saisine de la Chambre administrative de la Cour suprême et du Tribunal du travail, ainsi que des démarches vers des mécanismes liés à la gouvernance du secteur extractif, notamment l’ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives), au niveau national et international.

Un dossier test pour la crédibilité des engagements sociaux

Le collectif évoque enfin la possibilité de porter le dossier devant des organismes internationaux de défense des droits humains, dans une logique de pression externe si les voies internes n’aboutissent pas.

Alors qu’une marche récente a été interdite par le préfet pour des raisons d’itinéraire, les agents assurent vouloir poursuivre la mobilisation “par tous les moyens légaux et conventionnels”. La stratégie affichée mêle désormais communication, contentieux et interpellation politique directe des plus hautes autorités, afin que les instructions annoncées soient traduites en actes.

Au fond, l’affaire des 44 agents dépasse le cas individuel : elle touche à la crédibilité des engagements de l’État dans un contexte de Pacte social, et à la capacité de l’administration à appliquer des directives politiques lorsqu’un conflit de contrats et de statut s’invite dans la sphère publique.

Reste une question centrale : le gouvernement arbitrera-t-il par une solution administrative rapide, ou laissera-t-il le dossier glisser vers une longue bataille judiciaire — potentiellement internationale — au risque d’en faire un symbole durable des tensions entre promesses publiques et exécution bureaucratique ?

Nouveau commentaire :

POLITIQUE | ECONOMIE | SOCIETE | CULTURE | SPORT | INTERNATIONAL | PEOPLE | TV & RADIO | TRIBUNE LIBRE | CONFIDENTIEL | COUP DE COEUR | COUP DE GUEULE | PORTRAIT | LETTRE DU JOUR | VU SUR FACEBOOK | FORCES ARMEES ET POLICE | FAITS DIVERS | INSOLITE | ILS ONT OSE LE DIRE | MEDIAS | EDITORIAL | COMMUNIQUE | NECROLOGIE | PUBLIREPORTAGE | NTIC | SANTE | JUSTICE | DIPLOMATIE | DIPLOMATIE | GUEST EDITORIALISTE | ENVIRONNEMENT | INSTITUTIONS | RELIGION | EDUCATION | AGRICULTURE | PAROLE DE CAMPAGNE | Antivirus, la chronique d'Abdoulaye Der | COVID-19 | Assemblée Nationale | Echos des Locales 2022







google.com, pub-1148023042834496, DIRECT, f08c47fec0942fa0