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Finalement, les politiciens, ne tissent rien (El Hadj Ndary Gueye)

TRIBUNE LIBRE
Lundi 27 Juillet 2026

La société sénégalaise est sentimentale, candide et croit beaucoup au roman à l'eau de rose. Elle est tellement idéaliste, crédule, toute oreille tendue, surtout réceptive à la réclame, au marketing des marchands de rêves et leur camelote


La société sénégalaise est sentimentale, candide et croit beaucoup au roman à l'eau de rose. Elle est tellement idéaliste, crédule, toute oreille tendue, surtout réceptive à la réclame, au marketing des marchands de rêves et leur camelote. Quand ces dits futés, avec leurs incantations, leurs berceuses, entonnent avec leurs plus belles voix, les symphonies du bonheur, c’est comme si la messe est dite. Pour sûr, ils vont réussir à faire chavirer les tendres, à défaut de gilet anti-émotion. Le politicien fend toujours l'armure par la sérénade, le langage mielleux.

Ces musiciens du genre, font souvent, mouche, avec leurs produits à haute intensité soporifique. Malheur à ceux qui ont baissé la vigilance, le discernement, ils en auront pour leur grande, car ils seront fatalement pris dans leur sommeil du juste. C'est juste pour mettre en exergue, la vacuité du discours constructeur du politique tant attendu, face à dix millions de Sénégalais, déscolarisés qui leur tendent les bras . De l’espoir en perspective, quand le prédateur de « Téranga » pour lui-même, cachotier devant l’Éternel, claironne qu'il veut développer le pays de manière iconoclaste et lui apporter sa précieuse pièce à l'édifice. 

C'est toujours la même rengaine, l'aspirine dernière génération, panacée infaillible et les mots contre tous les maux, pour le dire. Pour ce tour de passe-passe, il n’est point besoin d'études savantes, de ces doctorats à la mode ou de pedigree impressionnant. Il suffit simplement d'être un fort en thème, face à la massive inculture. 

Celle-ci est l'ingrédient de la caporalisation, du "Panurgisme" ou trivialement, l'aliment du bétail qui va heureux à l'abattoir, car convaincu que son berger est bon. 
Et dans toute cette comédie balzacienne, l'alimentation de cheptel, est pire que le foin ou l'avoine. C'est le rêve brandi "d'un monde meilleur entre mes mains " selon le nouveau prophète, après la totale démolition de l'existant, d’un système défaillantde ripoux, pointé du doigt, la cause du malheur national, en particulier, celui de la jeunesse. Quid de la stratégie dans le discours pour entretenir le projet ? 

Le politicien sénégalais fait aujourd’hui dans l’inédit, dans du « hard manichéisme », en maudissant par tous les dieux, ces « damnés de la terre de l'establishment » au pouvoir, dans une posture auto-proclamée de  Zorro, le justicier, le redresseur de torts. 

L'adhésion par ignorance au « nouveau discours », prouve qu'elle est le levier, le grain à moudre, le drone du politique. L’inculture est l'aliment du cheptel, la logistique, le carburant qui sert à rouler, à dérouler et cyniquement à enfariner ces pauvres âmes égarées. Et la prochaine étape, leur coulage dans l’entonnoir.

Le pouvoir s'obtient aujourd'hui par la tricherie, le populisme, le messianisme de mauvais aloi, en s'appuyant sur la misère et l'illettrisme comme piliers. « L’homme providentiel »décroche ainsi des kamikazes dans l'incapacité de la critique, de l'analyse, prêts à sacrifier leurs vies pour l’idéal d’une Dolce Vita imaginaire. Hélas, de manière générale, sous nos tropiques, la "belle gueule » du thaumaturge, cet élément subjectif, est le seul référentiel qui conditionne les adhésions au discours messianique, le seul critère à faire don de sa personne. Rien n’y fera, jusqu’à preuve du contraire, pour cette pauvre gent trompée, trempée dans les caniveaux de la supercherie jusqu'à la moelle.

Mais, après la victoire, quand vient le partage du butin pour « les investisseurs à col blanc », la réalité a vite fait de prendre le dessus. L'incompétence, les espoirs déçus, des sillent le bétail qui se rend compte à ce moment de l’entourloupe, qu'il a été floué, utilisé comme marchepied, comme bélier pour frayer le chemin au magicien. 

La politique d'aujourd'hui, c’est comme aller à la pêche, prendre du gros poisson, mais surtout,un business dont on attend, le retour de l'investissement.Elle est aussi comme une baleine échouée sur la plage,àdépecerpour les premiers arrivants. 

Le quotidien nous le démontre à suffisance par des pratiques antipatriotiques, par des appétits gargantuesques toute honte bue, la quête effrénée de la richesse tout azimut sous les dehors d’authentiques patriotes. La politique sénégalaise s’organise en Gip (groupement d’intérêts politiques). ou en comités « d’intérêctuels »où des quidams, à l'halitose prononcée, sortis de nulle part, la morale écrasée sous le pied, ont opté pour le raccourci existentiel, pour fuir la précarité, certains mêmes, étrennant leur premier emploi, hélas.

Abraham Lincoln disait : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps ». 

Cependant, gare un jour à la défiance, à la charge violente des béliers contre leurs bergers menteurs, à la corrida révoltée, faute de blé suffisant ou contre le matador décadent, obsolète. Ce sera venu l'ère du concret, le changement de paradigme intégral, le temps d’hommes « intègres » qui auront prouvé leur efficience, qui plus est, leur honnêteté dans la gestion de leurs affaires. Les raisons de la colère amplement justifiée, les révoltés leur accorderont volontiers, mieux que les autres, la« présomption » de vrais patriotes, de bâtisseurs.

Les politiciens d'aujourd'hui, à quelques exceptions près, ne tissent rien, s'ils ne détricotent une bonne partie du pull-over. 

Michel Gérard Joseph Colucci, dit Coluchedisait : "La a moitié des hommes politiques sont des bons à rien. Les autres sont prêts à tout. Et d'en rajouter : 

« C'est pas dur la politique comme métier ! Tu fais cinq ans de droit et tout le reste, c'est de travers. 


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