Son retrait, formalisé dans une lettre adressée directement au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, intervient après un mandat de deux ans à la tête du conseil d'orientation stratégique du géant de l'énergie.
Dans sa correspondance administrative, l'ancien directeur de cabinet du président Abdoulaye Wade a tenu à remercier le chef de l'État pour la confiance qui lui avait été accordée, précisant que son choix reposait sur des considérations d'ordre strictement personnel.
La polémique autour de la mention « Confidentiel »
Si l'annonce de la démission a suscité de nombreux commentaires sur la scène politique nationale, c'est surtout la divulgation du courrier officiel qui a mis le feu aux poudres dans les milieux administratifs. Stampillée de la mention « Confidentiel », la lettre de démission a été rendue publique peu après sa transmission au Palais républicain.
Cette publication a immédiatement fait réagir l'ancien ministre d'État Babacar Gaye. Évoquant un manquement à l'éthique de la haute fonction publique, ce dernier a vivement critiqué l'initiative :
« Un haut fonctionnaire, de surcroît énarque, ne dévoile pas le contenu d'une lettre estampillée CONFIDENTIEL. Même simple, l'autorité destinataire doit avoir la primeur du courrier administratif.
Les règles de la rédaction administrative en prennent un sacré coup de la part de ceux qui doivent en assurer la sacralité. »
La réplique de l'ancien PCA : « La lettre appartient à son auteur »
Face aux reproches formulés par les observateurs et les professionnels du droit administratif, Habib Sy est rapidement sorti de son silence pour défendre son droit de communiquer.
Rejetant les accusations de manquement aux usages administratifs, l'ancien candidat à la présidentielle a tenu à remettre les choses au point :
« La lettre confidentielle d'un agent démissionnaire appartient à l'auteur. Il ne saurait être muselé par la confidentialité, dont l'objet principal est d'éviter la circulation en interne sans autori
sation. I l a la latitude de publier la lettre, d'autant plus que son destinataire l'a re çue. »
Rappelant son parcours de cadre fort de plus de 40 ans de service au sein de l'administration publique, Habib Sy a invité ses détracteurs à davantage de prudence dans l'appréciation des procédures.
Alors que les raisons profondes de ce retrait font l'objet de multiples spéculations au sein de la classe politique, la présidence de la République n'a pas encore communiqué le nom de la personnalité appelée à reprendre la présidence du Conseil d'administration de la Senelec.
