L'ancien rédacteur en chef de TV5 Afrique présentait son dernier essai intitulé L'Afrique contre la démocratie : Mythes, déni et péril, paru aux Éditions Riveneuve. Devant un public composé de lecteurs et d'acteurs du monde culturel, l'auteur a décortiqué les dérives d'un courant de pensée instrumentalisation par de nouveaux acteurs politiques.
Une trahison des idéaux fondateurs
Selon l'analyse d'Ousmane Ndiaye, le mouvement panafricaniste, conçu à l'origine comme une noble aspiration à la liberté, aux droits civiques et à la dignité humaine, s'est progressivement vidé de sa substance intellectuelle.
Cet humanisme intrinsèquement lié aux valeurs démocratiques sert désormais de caution morale et de slogan pour légitimer des régimes autoritaires qui piétinent les droits civiques élémentaires.
Cette dégradation résulte d'une profonde méconnaissance historique, mais surtout d'une désertion du débat d'idées par la classe intellectuelle. Ce vide a profité à des figures contemporaines qui imposent des slogans simplificateurs massivement relayés sur les réseaux sociaux.
L'auteur déplore que le panafricanisme ait été transformé en un mythe intouchable, faisant oublier au passage les dérives autoritaires qui ont causé l'échec de ses premières expériences politiques historiques.
L'impératif d'un réarmement intellectuel
Pour étayer son propos, l'essayiste évoque les figures historiques de Kwame Nkrumah au Ghana, d'Ahmed Sékou Touré en Guinée et de Thomas Sankara au Burkina Faso. Il estime que leurs projets émancipateurs respectifs ont été structurellement affaiblis par des pratiques gouvernementales incompatibles avec le respect des libertés publiques.
Réduit à sa plus simple expression, le panafricanisme fonctionne aujourd'hui comme un écran de fumée où le slogan politique l'emporte systématiquement sur la réflexion de fond.
Face à ce constat alarmant, Ousmane Ndiaye lance un appel pressant à un sursaut de la pensée critique. Il invite instamment les chercheurs, les universitaires et les historiens à investir à nouveau le champ du débat public afin de restituer au panafricanisme ses véritables fondements philosophiques et historiques, loin des postures populistes et du déni démocratique.
