Le « citoyen du monde » derrière l'ancien président
C’est avec le franc-parler qui le caractérise que l'enfant de Balakos à Saint-Louis a pris position. Se présentant comme un « citoyen du monde » conscient des enjeux géopolitiques actuels, El Hadji Diouf n'a pas mâché ses mots pour exprimer son vœu : voir l'ancien chef de l’État sénégalais diriger la plus grande organisation mondiale. Pour l'ex-footballeur, Macky Sall possède l'envergure et l'expérience nécessaires pour porter la voix des nations à New York.
L'intervention de Diouf intervient dans un climat particulièrement contrasté. Alors que le cercle de soutien à Macky Sall s'élargit — incluant désormais d'anciens ministres, des diplomates et des fonctionnaires internationaux — une opposition farouche persiste sur le plan national.
Ce soutien médiatique met en relief un paradoxe frappant : tandis que les nouvelles autorités sénégalaises cultivent un silence radio total — refusant d'indiquer si elles soutiennent ou non leur prédécesseur — c'est le Burundi qui a pris l'initiative diplomatique en déposant officiellement la candidature de l'ancien président.
La prise de position d'El Hadji Diouf, figure populaire capable de toucher une opinion publique souvent éloignée des arcanes diplomatiques, pourrait-elle infléchir la perception de cette candidature au-delà des cercles politiques ? Si le soutien d'une star du ballon rond n'a pas de poids juridique dans le processus de sélection onusien, il apporte une visibilité populaire qui, dans la communication de campagne, n'est jamais négligeable.
Pour Macky Sall, cet appui est un atout stratégique : il permet d'incarner une image de rassembleur, au-delà des clivages partisans qui minent encore son héritage politique au Sénégal.
