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Maurice Soudieck Dione : "C'est un gouvernement tourné vers la présidentielle de 2019

POLITIQUE
Lundi 11 Septembre 2017

Le Docteur en Science politique, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint Louis est formel sur la quête d’un second mandat par le chef de l’Etat, Macky Sall. De l’avis de Maurice Soudieck Dione, il est clair que le nouvel attelage gouvernemental de Macky Sall est «tourné vers l’échéance présidentielle de 2019», au vu du renforcement des hommes politiques dans le gouvernement.


Maurice Soudieck Dione
Maurice Soudieck Dione
Comment analysez-vous le nouveau gouvernement du président Macky Sall ? Est-ce un gouvernement de rupture ou une équipe de campagne pour la présidentielle de 2019?

C’est un gouvernement qui traduit l’expression de la victoire de Benno Bokk Yaakaar aux législatives, et qui constitue une équipe voulue de choc pour porter les ambitions de réélection du Président Sall. Ce n’est pas un gouvernement de rupture car, c’est l’équipe sortante qui a été reconduite pour l’essentiel. Cela est compréhensible, dans la mesure où les élections législatives en termes de sièges obtenus ont été largement remportées par la coalition Benno Bokk Yaakaar avec 125 postes obtenus sur 165. Donc, elle n’a pas besoin d’élargir ses forces politiques ou de nouer de nouvelles alliances pour gouverner. Ensuite, il y a un laps de temps court d’ici à la présidentielle de 2019. Donc, procéder à un chamboulement radical, ou un changement massif de l’équipe gouvernementale, ne sont ni pertinents ni stratégiques, car il risquerait d’y avoir un temps de latence et de flottement qui nuirait à l’efficacité du travail gouvernemental. Mais, le renforcement des politiques dans le gouvernement montre clairement que c’est un gouvernement tourné vers l’échéance présidentielle de 2019.

De quel type de gouvernement aurait vraiment besoin le pays, selon vous ?

Le pays a besoin naturellement d’un gouvernement efficace, qui prenne en charge correctement les problèmes des Sénégalais, notamment l’emploi des jeunes et des femmes, qui sont des groupes numériquement importants et vulnérables; un gouvernement qui rassure en assurant la création de richesses, pour lutter vigoureusement contre la pauvreté, et garantir le bon fonctionnement des services publics, notamment la sécurité et la justice, qui sont les piliers du contrat social entre gouvernants et gouvernés, l’enseignement, l’éducation et la formation, car c’est l’avenir du pays qui est en jeu avec le secteur de la santé, etc. Il faut un gouvernement qui met en avant le travail pour répondre aux préoccupations des populations. Malheureusement, il semble y avoir une certaine contradiction entre les logiques électoralistes fondées sur le clientélisme et l’efficacité du travail gouvernemental.

Les pesanteurs pour faire marcher la machine politique semblent remettre en cause la prise en charge correcte des questions essentielles, d’autant plus qu’on est dans un contexte où la politique va prendre le dessus, vu la proximité de l’échéance de 2019.

Qu'est ce qui explique le recalage de certains ministres, comme Mankeur Ndiaye, Awa Marie Colle Seck, ou encore Youssou Touré, Yakham Mbaye, Viviane Bampassy, etc.?

Lors d’un remaniement, il appartient au président de la République, conformément à la Constitution, d’apprécier souverainement, de nommer, de reconduire ou de démettre de leurs fonctions les membres du gouvernement. Il y a donc des éléments objectifs et/ou subjectifs qu’il est peut-être le seul à détenir. Mais lorsqu’on apprécie le dénominateur commun des recalés, on se rend compte qu’ils ne détiennent pas de fief politique susceptible de faire engranger substantiellement des voix. Il semble donc qu’ils aient été victimes de la décision du Président Sall de procéder à une redistribution des cartes en privilégiant la représentativité électorale, en plus de ses appréciations personnelles.

Comment gérer les frustrés et les attentes déçues, alors?

Le Président ne semble pas avoir pris trop de risques politiques. Car, pour l’essentiel, les porteurs de voix sont restés dans l’équipe. Mais, il ne faut pas oublier qu’on s’achemine vers une élection présidentielle et qu’aucune voix n’est à négliger. Les élections législatives du 30 juillet dernier ont révélé des dysfonctionnements graves imputables à l’administration, qui nous ont rabaissé et rabattu à un recul démocratique de plus de 20 ans, coïncidant avec les élections locales chaotiques et tristement célèbres de 1996; en plus des ruptures d’égalité manifestes entre concurrents, notamment à travers les publireportages permanents pendant la campagne, mettant en avant le Président Sall, alors qu’il n’était pas et ne pouvait pas être candidat aux législatives, et cela, aussi bien sur Internet que dans les médias privés, et de manière encore plus tapageuse à la Radiotélévision sénégalaise, en violation flagrante du Code électoral en son article L 61, sous le silence du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) qui n’a pas pris ses responsabilités pour faire cesser ces manquements; et en plus de l’étonnante passivité de la Commission électorale nationale autonome (Cena), malgré les pouvoirs énormes que lui confère la loi électorale (articles L 5, L 6, L 11 et L 12 notamment) pour veiller à la régularité, à la sincérité et à la transparence des élections.

Malgré tout cela, la coalition Benno Bokk Yaakaar est quand même minoritaire avec 49,48% des voix. Donc, il y a obligatoirement un travail politique de re-motivation à faire chez les frustrés, mais qui est d’autant plus difficile que pratiquement tous les postes ont déjà été distribués, donc la coalition au pouvoir semble avoir atteint ses limites objectives de recrutement, de redistribution et de rétribution. Or, on se dirige vers une élection incertaine en 2019.
 

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