De manière discrète, il multiplie les actes qui pointent vers un soutien à Diomaye. Ce qui le place au cœur d'une vive tempête sur les réseaux sociaux.
Sur la toile sénégalaise, les interrogations et les marques de déception se multiplient : le patron de la chaîne publique a-t-il tourné le dos à son ancien allié au profit du président Bassirou Diomaye Faye ?
Des réseaux sociaux en ébullition : la déception des sympathisants
Sur les réseaux sociaux, le ton monte chez les internautes et les militants du Pastef. Beaucoup expriment un profond désenchantement face à ce qu'ils perçoivent comme un alignement exclusif sur le Palais présidentiel.
« Nous sommes surpris de revivre avec Pape Alé Niang les pires époques de la RTS où la chaîne publique ne diffusait que les activités du chef de l'État », déplore un internaute dépité. « On s'attendait à toute sorte de trahison sauf celle venant de Pape Alé Niang. »
Pour plusieurs observateurs de la scène politique, la rupture stylistique et éditoriale est flagrante.
L'attitude du Directeur général, qui multiplie les reposts axés sur les activités du président Diomaye Faye. Il a récemment republié sur ses pages le message de remerciement de l'ancien président Macky Sall après le soutien officiel apporté à sa candidature à l'ONU. Cela alimente toutes les spéculations.
Certains rappellent avec amertume l'ascension des nouveaux dirigeants :
« Aujourd'hui, qu'on soit DG, Président, Ministre etc., on doit remercier Ousmane Sonko. C'est grâce à lui que beaucoup sont en train de goûter aux plaisirs terrestres. »
La gestion de l'antenne au cœur du débat : boycott ou choix éditorial ?
Au-delà des réseaux sociaux personnellement tenus par le journaliste, c'est la couverture médiatique de la RTS qui cristallise les plus vives critiques. Le traitement accordé aux activités du président de l'Assemblée nationale et chef du parti PASTEF suscite l'incompréhension.
Les internautes reprochent notamment à la télévision nationale d'avoir fait l'impasse sur la retransmission en direct des travaux de l'Assemblée nationale lors de la séance plénière consacrée à la révision de la Constitution, ou encore de l'investiture du nouveau président de l'institution parlementaire.
« Hier encore, quand Ousmane Sonko était Premier ministre, la RTS courait derrière chacun de ses déplacements. Aujourd'hui, l'homme devient président de l'Assemblée nationale... et soudain la RTS attrape une mystérieuse extinction de voix. Quelle coïncidence ! » s'insurge un internaute dans un billet largement partagé.
Certains vont jusqu'à comparer la gestion actuelle à celle des gouvernements précédents, qualifiant la situation de « sabotage au calcul politicien » et affirmant de manière cinglante que « Pape Alé Niang est pire que Racine Talla ».
Calcul de survie, opportunisme ou simple posture républicaine ?
Face à ce constat, les spéculations vont bon train. S'agit-il d'un choix délibéré de s'aligner sur la ligne républicaine du chef de l'État depuis la démission d'Ousmane Sonko de son poste au gouvernement ?
Est-ce la manifestation d'une « guerre froide au sommet de l'État » traduisant le schisme entre l'exécutif et le législatif tenu par la direction de PASTEF ? Ou simplement le vieux réflexe institutionnel d'une chaîne nationale qui calibre ses projecteurs au rythme du pouvoir central ?
Pour les observateurs et la mémoire populaire, l'ironie est saisissante. Celui qui s'est fait connaître en pourfendant la manipulation médiatique et les dérives du système se voit aujourd'hui reprocher de pratiquer ce qu'il combattait hier.
Une chose reste certaine : Pape Ale Niang n’est plus le Baye Fall d’Ousmane Sonko…
