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​Le Sénégal et le génie de la décence républicaine (Ndeye Amy Camara)

TRIBUNE LIBRE
Lundi 20 Juillet 2026


Cette semaine, au Sénégal, la politique, souvent réduite à une arène de passions et de déchirures, s’est élevée soudain pour rappeler la grandeur d'une nation.

L’image du président Bassirou Diomaye Faye recevant son prédécesseur Macky Sall au Palais de la République pour sceller le soutien officiel du Sénégal à sa candidature au Secrétariat général de l’ONU grandit et honore le pays. Elle marque, avec éclat, le retour éclatant du Sénégal dans le giron de la décence républicaine.

Pour comprendre la portée de cette audience, il faut se souvenir d’où vient le pays. Les années récentes ont été marquées par des crispations profondes, des traumatismes démocratiques et une polarisation qui laissait craindre une rupture définitive du pacte social sénégalais.


La transition de 2024 s'est faite dans la douleur, et les ressentiments légitimes auraient pu dicter une tout autre conduite au nouveau pouvoir : celle du dénigrement systématique, du repli ou du désintérêt pour le destin international d’un adversaire d’hier.
Pourtant, le Sénégal a choisi une autre voie. En choisissant d'actionner l'appareil d'État et de mobiliser l'ensemble de son réseau diplomatique pour porter l'ambition onusienne de Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye pose un acte de haute maturité politique.

Il rappelle que l'État est une continuité, une construction patiente qui dépasse les hommes et leurs querelles transitoires. Face aux intérêts supérieurs de la Nation et au rayonnement du continent africain, les lignes de fracture s’estompent pour laisser place à une Union sacrée.


Cette « courtoisie républicaine » n'est pas une simple formule de style diplomatique. Elle est le reflet d'une culture politique sénégalaise profonde, ce fameux « génie sénégalais » capable de secréter ses propres anticorps face à la crise. Voir l’actuel chef de l’État adouber la démarche de son ancien rival, initialement parrainée par le Burundi, pour en faire une cause nationale envoie un message puissant au reste du monde.


À l'heure où le multilatéralisme est fragmenté et où les démocraties tanguent, le Sénégal s'érige en contre-exemple, prouvant que l’élégance républicaine et le sens des responsabilités peuvent encore l'emporter sur la vengeance.


Cet édifice retrouvé ne profite pas seulement au candidat Sall dans sa course vers le Palais de Verre à New York. Il grandit d'abord le président Faye, qui assoit sa stature d'homme d'État rassembleur, et il honore le peuple sénégalais, dont les institutions sortent fortifiées de cette épreuve de vérité.


Le Sénégal renoue avec ce qui a toujours fait sa force : être un phare de stabilité, de dialogue et de dignité en Afrique de l'Ouest. C'est cela, la décence républicaine. Une exigence éthique qui transcende les partis et qui fait la fierté d'une grande nation.

 

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