Pour Seydina Oumar Touré, le choix de soutenir le chef de l'État s'inscrit dans la suite logique du respect des promesses faites aux citoyens. Il souligne la concrétisation des orientations majeures de la gouvernance actuelle en déclarant :
« Nous avons choisi de rester avec le président Diomaye Faye. Je pense que le président a respecté ses engagements sur le train de vie de l'État. »
Il met notamment en exergue les avancées en matière d'indépendance nationale car selon lui le président Diomaye a parlé de souveraineté, et a fait partir la France en moins de deux ans sans rupture diplomatique. Ce qui a ses yeux prouve que les engagements ont été respectés. »
Cette adhésion s'est renforcée au fil des sorties institutionnelles du chef de l'État, fondées sur la transparence plutôt que la séduction politique. Le patron de l'ASP confie :
« C'est à partir du moment où le président a reçu la presse le 2 mai que j'ai commencé à le soutenir. Le président est un homme véridique qui a des principes. Ce jour-là, j'ai compris qu'il dit la vérité, qu'il ne communique pas pour convaincre. »
Devoir de réserve : « On ne peut pas être opposant dans l'État »
Inflexible sur la discipline administrative et l'indépendance de la justice s, Seydina Oumar Touré pose une ligne rouge quant à l'attitude attendue de quiconque sert au sommet ou au sein de l'appareil d'État. Face aux récentes divergences et critiques formulées au sein de la coalition, son jugement est sans équivoque :
« Je n'ai pas compris que Ousmane Sonko critique le gouvernement et le président Diomaye tout en s'abstenant de démissionner. Quand on est Premier ministre, même si on est president d'un parti, on ne peut pas tenir des propos à l'encontre du président de la République"
Et d'ajouter:
Quand on n'est pas d'accord, on démissionne. Un État a des règles et il faut souvent accepter que tout ne soit pas comme tu le souhaites. On ne peut pas être opposant dans l'État. »
Poursuivant sa réflexion sur la responsabilité publique, Seydina Oumar Touré rappelle le sens du devoir qui doit animer chaque responsable :
« Il faut que nous sachions que même si les choses sont difficiles, on ne doit pas oublier que les Sénégalais nous ont confié des responsabilités immenses. Nous ne devons pas nous retourner contre les institutions. »
Il martèle avec fermeté l'incompatibilité entre le service de l'État et la contestation interne :
« Quand on est dans l'administration, on doit appuyer les politiques publiques ou démissionner. Être dans l'État et critiquer l'État n'est pas compatible. On ne peut pas être dans l'administration et insulter les institutions et les personnes à leur tête. »
La vérité du compagnonnage et l'appel aux retrouvailles
Revenant sur les récits entourant l'élection présidentielle, l'ancien enquêteur de l'affaire Sweet Beauté remet en perspective le rôle des partis et la dimension collective du combat politique.
Refusant la thèse d'un destin façonné par une seule volonté, il affirme :
« Ce qui s'est passé au Sénégal, nous ne pouvons pas parler de révolution. S'il y a un guide dans ce pays, c'est le président. Dans l'élection de Diomaye, on ne doit pas oublier que dans ce combat il y a la main de Dieu et beaucoup d'entre nous ne le voient pas ainsi. À l'époque, on disait que Dieu est dans notre camp et que c'est lui qui a élu le président Diomaye. »
Il met en contardiction la maturité politique de PASTEF face aux déclarations selon lesquelles Sonko a choisi et élu Diomaye parce que le Pastef est un parti politique et c'est le parti qui a choisi son candidat
« Dire qu'un parti qui a 4 000 cadres a laissé un homme choisir un candidat, ce n'est pas respectueux. Ousmane Sonko a joué un grand rôle, mais il ne doit pas le gâcher en disant que c'est lui le seul artisan de l'élection de Diomaye. »
L'allié du président s'étonne particulièrement du revirement de discours constaté après des années de compagnonnage :
« C'est Ousmane Sonko qui nous a dit que Diomaye est un homme sérieux, véridique et avec des principes, et c'est ce en quoi je crois. Il nous a dit pendant 30 minutes les bienfaits de Diomaye, ses qualités qu'il a connues en dix ans de compagnonnage... et en deux ans découvrir ce qu'on n'a pas découvert en dix ans ? Il avait même dit que Diomaye est meilleur que lui.»
Refusant de dévier de sa trajectoire, Seydina Oumar Touré affirme qu'il voit en Bassirou Diomaye Faye les qualités dont Sonko avait parlé dans sa conférence de presse pendant 30 minutes juste après leur sortie de prison.
« Moi je n'ai pas changé, je suis resté le même avec les mêmes principes. Moi je n'ai pas vu en Diomaye ce que Sonko dit avoir découvert en deux ans. Je considère que c'est le Pastef et son président qui ont tourné le dos au président, et non le contraire. »
En guise de vœu républicain, il ajoute : « Je souhaite que les deux se retrouvent en raison de tout ce qu'ils partagent. »
