Au sein du parti « Les Patriotes », les lignes de fracture ne se cachent plus. Alors que la Coalition Diomaye Président vient de publier un communiqué historique condamnant les dérives d’Ousmane Sonko à Mbacké, la base militante s'entre-déchire désormais sur la place publique.
La sortie de Dieynaba Sar (PASTEF France) illustre le profond ressentiment de l'aile historique du parti face à ce qu'elle qualifie de « reniement » de la part de certains cadres promus par la Présidence.
Une charge sexiste et politique d'une rare violence
Dans son réquisitoire, Dieynaba Sar ne mâche pas ses mots à l'encontre de Ndèye Fatou Mbodj (récemment passée sur le grill de l'émission Moment de Vérité pour ses positions critiques) et de Fatou Kiné Diakhaté, Directrice de cabinet adjointe du président de la République. Elle les accuse d'avoir bénéficié de passe-droits pour grimper les échelons avant de trahir leur mentor initial.
« Parmi les renégats auto-proclamés, il y a celles qui sont l'incarnation parfaite de l'opportunisme en politique ! Propulsées dans le parti à coups de pistons et de tractations, elles se révèlent être des têtes immensément vides, incapables de produire le moindre argumentaire solide et plausible. »
Poussant l'attaque sur un terrain particulièrement féroce, l'activiste de la diaspora réduit l'arsenal politique de ses cibles à des apparats superficiels :
« Leurs seules armes politiques pour se frayer un chemin rapide vers le haut : des discours creux, des sourires mielleux, "la folie des grandeurs", beaucoup d’affabulation et un tube de rouge à lèvre. » Elle conclut en qualifiant les deux femmes de « tache noire dans l'image de la femme politique ».
Diomaye Faye désigné comme « garant de leur petite survie »
Au-delà des attaques personnelles, le texte révèle la profonde rancœur de l'aile dure de PASTEF envers le président de la République lui-même.
Pour la première fois, un cadre de la diaspora accuse ouvertement Bassirou Diomaye Faye de « reniement spectaculaire ».
Selon Dieynaba Sar, le président Faye s'est écarté de la ligne politique historique incarnée par Ousmane Sonko.
Elle affirme que le chef de l'État protège ces cadres en échange d'une allégeance exclusive :
« Il était alors prévisible que cette catégorie de militantes suivent aveuglément Bassirou Diomaye Faye [...], car il demeure le seul garant de leur petite survie politique et du maintien de leurs privilèges indus. »
Vers une purge avant le congrès du 8 août ?
Cette charge publique confirme le diagnostic de rupture totale. Ndèye Fatou Mbodj et Fatou Kiné Diakhaté, désormais solidement ancrées dans le dispositif d'État du président Faye, sont accusées d'avoir développé un « faux narratif » faisant preuve d’une « grande ingratitude » envers Ousmane Sonko.
La promesse de Dieynaba Sar de « leur faire face sans commune mesure » résonne comme une déclaration de guerre totale à moins d'un mois du congrès constitutif de la nouvelle formation présidentielle.
La bataille pour le contrôle de l'appareil politique et idéologique du "Projet" ne fait que commencer, et elle s'annonce destructrice pour l'unité d'origine des Patriotes.

