Dans un entretien relayé par la presse, l’ancien ministre estime que l’initiative portée par la garde des Sceaux, Yacine (Yassine) Fall, pose un problème d’éthique et de séparation des pouvoirs.
“Éthiquement inacceptable”
Pour Oumar Sarr, le fait qu’un ministre de la Justice, membre d’un gouvernement, intervienne dans une procédure concernant le chef du gouvernement lui-même constitue un conflit d’intérêts. Il va plus loin en jugeant que, “dans une République”, le Premier ministre aurait dû, selon lui, se mettre en retrait pour “mettre la justice à l’aise”, avant toute démarche susceptible d’avoir un impact sur son propre dossier.Au cœur de son argumentaire, Oumar Sarr voit dans cette séquence une “volonté d’asservissement de la justice” et met en garde contre toute atteinte à l’esprit de la Constitution. Son message est clair : la justice ne doit pas donner l’impression d’être instrumentalisée par le politique, surtout lorsqu’il s’agit d’un dossier à forte charge symbolique et nationale.
Ce que dit l’exécutif : la Cour suprême décide
De son côté, la ministre de la Justice a déjà fait valoir publiquement que la procédure suit le cadre prévu et que la Cour suprême est l’instance compétente pour statuer, ce qui revient à rappeler que l’exécutif n’est pas censé trancher le fond du dossier.Au-delà du droit, l’affaire cristallise un débat plus large sur la crédibilité institutionnelle : comment concilier une procédure extraordinaire (la révision) avec l’exigence de neutralité apparente de l’État, lorsque la décision finale pourrait avoir des conséquences majeures sur la trajectoire politique du Premier ministre et, plus largement, sur le climat politique du pays.

