Cette nomination consacre également une évolution institutionnelle majeure : e numérique est désormais officiellement détaché du portefeuille de la Communication, illustrant la volonté de l'État de traiter le secteur de la Tech non plus comme un canal d'information, mais comme un levier structurel d'économie et de souveraineté.
Un profil à la croisée de la science, de la stratégie et de la finance
À 51 ans (né le 14 novembre 1974 à Ziguinchor), Samba Diouf affiche un parcours académique d'élite, caractérisé par une double compétence rare, à la fois hautement technique et managériale. Il est titulaire d'un Master en Physique ; un Master en Ingénierie des systèmes d’information et de communication ; un Executive MBA en stratégie d’entreprise ; un MBA en finance.
Cette polyvalence lui confère une grille de lecture complète des écosystèmes numériques, capable d'allier la rigueur de l'infrastructure technologique aux réalités des arbitrages budgétaires et de la rentabilité économique.
Une solide trajectoire internationale dans le privé
Samba Diouf est ce qu'on appelle un « homme du sérail technologique ». Avant de mettre ses compétences au service de l’État, il a forgé son expérience pendant plus d'une décennie au sein des plus grands géants mondiaux des technologies et des télécommunications. Son CV affiche des passages remarqués chez des leaders de dimension internationale: : Huawei, IBM, Oracle, Atos et Ericsson
Spécialisé dans la conduite de grands projets de transformation digitale (notamment pour les secteurs publics et financiers), il avait déjà commencé à faire la transition vers l'appareil d'État en mai 2024, lorsqu'il a été nommé Ministre-conseiller chargé du Numérique auprès de la présidence de la République. Une position d'observation et de conseil stratégique qui l'a préparé à assumer ses fonctions actuelles.
Les grands chantiers du ministre : Connectivité, IA et Souveraineté
Installé dans ses fonctions, Samba Diouf hérite d'un agenda ambitieux s'inscrivant dans la continuité du New Deal Technologique et des orientations de l’Agenda Sénégal 2050. Il devra piloter un plan d'investissement massif estimé à près de 1 100 milliards de francs CFA (environ 1,95 milliard de dollars) sur la décennie 2025-2034.
Ses priorités se déclinent en quatre axes stratégiques :
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L'inclusion numérique et l'équité territoriale : Son objectif premier consistera à réduire drastiquement la fracture numérique entre Dakar et l'intérieur du pays, en garantissant un accès universel, stable et abordable à Internet dans les zones rurales.
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La souveraineté numérique et la cybersécurité : Sécuriser les infrastructures stratégiques de l'État, encadrer l'identité numérique des citoyens et protéger les données nationales face aux cybermenaces.
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L’adoption des technologies de pointe : Structurer l'intégration de l'Intelligence Artificielle (IA) et de la numérisation des services publics pour rendre l'administration plus performante et transparente.
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Le soutien à l'écosystème Tech : Accompagner la dynamique de la Sénégal Digital Factory et renforcer les mécanismes de financement et d'incubation pour faire des start-up sénégalaises des champions régionaux.
Avec l'arrivée de ce technocrate rigoureux, le Sénégal fait le pari d'une transition numérique pragmatique, pilotée par la culture du résultat et orientée vers la création de valeur pour les citoyens.

