Le retour au calme après l'évacuation manu militari du député Abdou Mbow n'a pas apaisé l'atmosphère à l'Assemblée nationale.
Si l'incident a provoqué le départ immédiat des députés du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et de plusieurs non-inscrits, il a surtout déclenché la colère d'Ousmane Sonko.
Reprenant le contrôle de la séance, le leader de la majorité a fermement rappelé à l'ordre l'ensemble des parlementaires, n'hésitant pas à cibler directement ses propres troupes.
Sur un ton particulièrement sévère, il a d'abord tenu à réaffirmer le respect strict de la hiérarchie et du règlement intérieur de l'institution :
« Cette Assemblée est sous l'autorité de son président, qui se trouve être le président de séance. Aucun député, en violation du règlement intérieur, n'imposera sa volonté à l'Assemblée ».
Une violation flagrante des consignes de Pastef
Au-delà du comportement de l'opposition, c'est l'attitude des députés de Pastef venus en découdre au pied de la tribune qui a provoqué le courroux d'Ousmane Sonko. Ce dernier a publiquement dénoncé une désobéissance inacceptable face aux directives internes du parti.
« Je tiens à dire également que pour les députés du groupe parlementaire Pastef, des consignes très claires ont été données et vous les avez violées ».
Pour le chef de la majorité, la tentative de ses partisans de vouloir se faire justice eux-mêmes et de gérer l'incident à la place des services de sécurité constitue une dérive regrettable :
« C’est déplorable que des députés de Pastef se soient déplacés pour venir ici essayer de régler le problème eux-mêmes».
Le rappel à l'ordre : À chacun son rôle
Soucieux de restaurer la crédibilité de l'institution, Ousmane Sonko a rappelé la doctrine stricte en matière de maintien de l'ordre au sein de l'hémicycle. Il a insisté sur le fait que cette prérogative n'appartient à aucun parlementaire, quel que soit son bord politique.
Il a insiste qu le président est le seul habilité à suivre une réquisition. La police de l’Assemblée nationale est la seule habilitée à faire le travail de sécurisation.
Après avoir exigé une discipline stricte de la part de l'ensemble de ses députés, Ousmane Sonko a immédiatement ordonné la poursuite des débats sur le projet de révision constitutionnelle.
