Après les déclarations croisées du camp présidentiel et de la tête de l'Hémicycle, c'est une voix de poids du monde ardo-juridique et politique qui s'est exprimée.
L'ancienne ministre des Affaires étrangères, réputée pour sa rigueur de constitutionnaliste, a publié une critique incisive à l'encontre de la démarche législative du PASTEF, sonnant comme une leçon de droit public.
Le rappel des limites du pouvoir parlementaire
À travers une formule percutante, l'ancienne cheffe de la diplomatie sénégalaise a tenu à rappeler un principe fondamental de l'architecture démocratique : la supériorité de la règle de droit sur la seule arithmétique électorale.
Pour la responsable politique, l'invalidation du texte par la plus haute juridiction du pays démontre qu'une hégémonie numérique au sein de l'Hémicycle ne saurait conférer une légitimité absolue pour modifier l'équilibre constitutionnel des pouvoirs.
« La majorité fait le nombre mais certainement pas la Loi ! Le Conseil Constitutionnel vient de rappeler à Pastef qu’avoir la majorité même qualifiée, ne suffit pas à faire passer ses volontés surtout lorsqu’elles sont aux antipodes de ce qui est juridiquement convenable. »
Cette analyse s'attaque directement à la stratégie de rupture globale initialement affichée par la majorité parlementaire.
En qualifiant les velléités de révision de décisions déconnectées des exigences juridiques, la critique met en lumière le vice de procédure sanctionné par les Sages, notamment le refus du mécanisme de vote bloqué et l'absence de compensation budgétaire pour la réforme judiciaire avortée.
Une mise en garde face aux déconvenues institutionnelles
Au-delà de la stricte exégèse du droit, la déclaration prend une tournure éminemment politique en interrogeant la courbe d'apprentissage de la nouvelle majorité.
L'ancienne ministre pointe une forme d'obstination de la part des cadres parlementaires du parti au pouvoir, les invitant à tirer les leçons de ce qu'elle qualifie de déconvenues successives face aux réalités de la gestion de l'État et du respect des textes républicains.
Cette sortie s'inscrit dans un mouvement plus large d'opposition technique et doctrinale qui se structure face au gouvernement actuel.
En insistant sur l'impératif de se conformer à ce qui est juridiquement convenable, le discours ambiant cherche à fragiliser le monopole de la légitimité populaire dont se prévaut le PASTEF.
Dans ce bras de fer à rebondissements entre le Palais et l'Assemblée, cet arbitrage des Sages et les commentaires qu'il génère confirment que le respect des formes constitutionnelles reste le principal garde-fou face aux ambitions de refonte unilatérale du système politique sénégalais.
