Après Dakar, le successeur de Patrice Talon, vainqueur du scrutin présidentiel du 12 avril 2026, poursuivra son périple diplomatique vers Bamako (Mali) et Bissau (Guinée-Bissau).
Économie, monnaie et sécurité régionale au menu
L'agenda de cette mini-tournée s'annonce particulièrement dense. « Le président de la République s’entretiendra avec les plus hautes autorités de ces pays des perspectives de coopération économique et commerciale, du renforcement de la solidarité entre les peuples ouest-africains et des questions de sécurité régionale », précise la présidence béninoise.
Cette offensive diplomatique revêt également un caractère hautement stratégique et monétaire. Le déplacement de M. Wadagni est formellement inscrit dans le cadre d’une « tournée auprès des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui partagent avec le Bénin une même monnaie [le franc CFA] et une même banque centrale, la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) ».
Le président béninois n'en est pas à son coup d'essai. Avant de fouler le sol sénégalais, il s’est déjà rendu dans plusieurs autres pays de l’Union, notamment au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire. Pour Cotonou, ces mouvements coordonnés « confirment la priorité que le chef de l’État accorde au dialogue avec les pays partenaires et à l’intégration au sein de l’espace ouest-africain ».
Portrait : Qui est Romuald Wadagni, le nouveau visage du Bénin ?
En accédant à la magistrature suprême en avril 2026, Romuald Wadagni, 49 ans, incarne un tournant générationnel autant qu'une promesse de continuité managériale pour le Bénin.
Le technocrate de la Rupture
Avant d'être élu président, Romuald Wadagni a été la clé de voûte du système économique de son prédécesseur, Patrice Talon. Nommé ministre de l'Économie et des Finances dès l'avènement du régime de la "Rupture" en 2016, il a conservé ce portefeuille stratégique pendant une décennie, avant d'être promu ministre d'État.
Grand artisan des réformes fiscales et de la modernisation de la gestion des finances publiques au Bénin, il s'est forgé une solide réputation internationale auprès des bailleurs de fonds (FMI, Banque mondiale) grâce à sa discipline budgétaire. Sous sa direction, le Bénin est devenu l'un des pays les plus dynamiques de la sous-région en matière de croissance et a réussi plusieurs émissions d'eurobonds historiques sur les marchés financiers.
Un parcours d'excellence
Expert-comptable diplômé en France et aux États-Unis, Romuald Wadagni possède un profil purement technique forgé dans le secteur privé international. Avant de servir son pays, il a fait ses armes au sein de prestigieux cabinets d'audit internationaux, notamment chez Deloitte en France et en Afrique francophone, où il occupait le poste d'associé.
Ses défis à la tête du Bénin
Élu le 12 avril 2026, le président Wadagni doit désormais troquer son costume de financier contre celui d'homme d'État. S'il a capitalisé sur le bilan économique stable de l'ère Talon pour l'emporter, il fait face à des défis majeurs :
-
Le volet social : Répartir plus équitablement les fruits de la croissance béninoise auprès des populations vulnérables.
-
La sécurité : Contenir la menace djihadiste persistante dans le nord du pays, aux frontières avec le Burkina Faso et le Niger.
-
La diplomatie régionale : Reconnecter le Bénin avec les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) et consolider les acquis de l'UEMOA, une ambition qui explique le sens profond de sa tournée actuelle à Dakar, Bamako et Bissau.

