La Téranga sénégalaise est-elle en train de vaciller ? C’est la question cruciale que pose la sortie officielle de Mbaye Dione, député de la XVème Législature et cadre de l'Alliance des forces de progrès (AFP). À travers un document officiel barré de la mention « Alerte Xénophobie », le parlementaire interpelle directement le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique ainsi que le ministre de l'Intintégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur.
Des militants « nationalistes » ciblent la communauté peule guinéenne
Selon les éléments rapportés par le député, la menace s'est largement structurée sur l'espace numérique ces derniers jours. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent un individu proférant des intimidations et planifiant des actions d'expulsion forcée.
Plus inquiétant encore, Mbaye Dione pointe du doigt la politisation de cette haine. Il s'agit de militants se réclamant « nationalistes » et fervents soutiens du parti au pouvoir. Ils menacent de s'attaquer de manière ciblée aux commerces et aux membres de la communauté peule de nationalité guinéenne.
Le mot d'ordre d'attaque a été programmé pour ce mercredi 15 juillet 2026 afin de, selon leurs propres termes, « nettoyer » l'espace public.
« En ma qualité de Député à l'Assemblée nationale, je condamne fermement ces agissements qui relèvent d'une haine injustifiée. Le Sénégal et la Guinée sont liés par des accords de libre circulation au sein de la CEDEAO. »
Un appel pressant à la cybersécurité et aux forces de l'ordre
Pour Mbaye Dione, tolérer de tels actes créerait un précédent désastreux. Rappelant que toute mesure d'éloignement est du ressort exclusif de l'État, il prévient que ces dérives font peser un risque majeur de troubles à l'ordre public, de représailles à l'étranger et de dégradation de l'image internationale du Sénégal.
Afin de tuer cette fronde xénophobe dans l'œuf, le député sollicite des mesures urgentes de la part du gouvernement. Des instructions fermes aux forces de défense et de sécurité pour garantir la protection des personnes et des commerces visés.
L'ouverture immédiate d'une enquête pour identifier et interpeller les instigateurs de ces appels à la violence. La mobilisation des services de cybersécurité contre ces « entrepreneurs de la haine » pour éviter au Sénégal un scénario de violences xénophobes similaire à celui de l'Afrique du Sud.
La balle est désormais dans le camp des ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères, interpellés pour préserver ce qui fait l'essence même de la nation sénégalaise : la paix sociale, la cohésion et le respect de la Téranga.
