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Les syndicats appellent à la grève, le gouvernement invoque l'illicéité et appelle au civisme

SOCIETE
Mardi 20 Octobre 2026

​À l'approche de la fin du mois d'octobre 2026, le climat social se tend nettement au Sénégal. Les centrales syndicales de travailleurs ont émis un mot d'ordre de grève générale de 72 heures, prévu pour les 21, 22 et 23 octobre 2026, couvrant à la fois les secteurs public, parapublic et privé. Face à cette mobilisation , le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, dirigé par Mamadou Lamine Dianté, a réagi par voie de communiqué pour contester la légalité de cette démarche et appeler au dialogue.

​Au cœur du différend entre les organisations syndicales et les autorités administratives réside une divergence d'appréciation des procédures légales.

​Le ministère pointe du doigt l'utilisation d'un « préavis unique » adressé exclusivement au ministre chargé de la Fonction publique et du Travail. Selon l'Autorité, ce document ne saurait légalement couvrir l'ensemble des travailleurs des différents secteurs d'activité, compte tenu des régimes juridiques distincts qui les régissent :

​Dans le secteur privé et parapublic : Le ministère rappelle que la loi n° 2026-18 du 3 septembre 2026 portant Code du travail impose une notification préalable à l'inspection du travail ou à la Direction générale du Travail. Un préavis de 30 jours ne peut être transmis à la direction d'une entreprise qu'en cas d'échec constaté de la procédure de conciliation.

Dans la Fonction publique (État et collectivités locales) : En vertu de la loi n° 61-33 relative au Statut général des fonctionnaires, un délai d'un mois après notification d'un préavis écrit motivé est exigé avant toute cessation collective du travail. De plus, les agents territoriaux doivent adresser leur préavis à leur autorité locale directe (Président de conseil départemental ou Maire).

​Au vu de ce qui est considéré comme des manquements procéduraux avancés par l'État, le gouvernement qualifie la grève d'« illicite ». Il rappelle ainsi aux employés les risques encourus, notamment des retenues sur salaire pour jours non travaillés, des sanctions disciplinaires, voire la perte de droits aux indemnités en cas de rupture de contrat.

​Le communiqué ministériel met également en lumière la situation spécifique du secteur de l'Éducation et de la Formation. L'État indique qu'aucun préavis de grève n'a été formellement déposé depuis la signature du protocole d'accord du 16 avril 2026 entre le Gouvernement et les organisations représentatives.

​Sur le fond des revendications, l'administration soutient que la majorité des points soulevés s'inscrivent déjà dans les engagements du Pacte national de Stabilité sociale pour une Croissance inclusive et durable , dont l'avancement fait l'objet d'un suivi régulier via un Comité de pilotage et un Comité technique dédiés.

​Au-delà de l'aspect strictement réglementaire, cette confrontation sociale survient à une période particulièrement critique pour le pays. Le Sénégal s'apprête en effet à accueillir les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), dont le coup d'envoi est prévu pour le 31 octobre 2026.

​Invoquant l'image internationale du Sénégal et la préservation de la continuité du service public lors de cet événement d'ampleur mondiale, le ministère fait appel au « sens des responsabilités et à l'esprit patriotique » des centrales syndicales.

​Afin d'éviter une paralysie des services publics et de l'économie à quelques jours de l'échéance olympique, le ministère invite instamment les centrales syndicales à répondre favorablement à la requête du Premier Ministre de  renoncer au débrayage actuel et geler le mouvement jusqu'au moins janvier 2027, afin de donner une chance à la poursuite de discussions apaisées dans un cadre concerté.

​Reste désormais à savoir si cet appel au dialogue et ce rappel à la règle juridique suffiront à infléchir la position des syndicats ou si le blocage des 21, 22 et 23 octobre sera bel et bien suivi sur le terrain.

 

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