Menu


Rupture au sommet de l'État : Ousmane Sonko pilonne les budgets 2026-2027 et menace le gouvernement d'un rejet parlementaire

ECONOMIE
Mardi 20 Octobre 2026

Lors d'un point de presse retentissant tenu ce lundi 19 octobre 2026 à Dakar, le président de l’Assemblée nationale et chef de file de PASTEF, Ousmane Sonko, a formellement désavoué la politique économique du gouvernement.

Passant au crible le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 et le projet de loi de finances initiale (LFI) 2027, le leader de la majorité dénonce un « budget d'économie » axé sur l'austérité et la hausse des prix, posant un ultimatum strict pour l'adoption des textes.

Une prise de distance spectaculaire avec l'Exécutif

Rompant publiquement avec la ligne économique suivie par la Primature, Ousmane Sonko a fermement sommé le chef du gouvernement de cesser de présenter l'action ministérielle sous la bannière de PASTEF. Invoquant un entretien direct avec le président Bassirou Diomaye Faye datant du 1er juin 2026, au cours duquel le chef de l'État s'était engagé à écarter toute restructuration de la dette et toute hausse des prix, l'ancien Premier ministre a déploré un revirement total :

« Ils sont allés restructurer et maintenant ils veulent procéder à la hausse des prix », a-t-il asséné, dénonçant un plan d'austérité dicté par le remboursement d'une « dette cachée ».

Pour étayer sa charge, il a pointé la coupe de 555 milliards FCFA opérée sur les crédits d'investissement ainsi que les réductions budgétaires ciblant les ministères sociaux.

La bombe sociale de la baisse des subventions aux carburants

Au cœur du réquisitoire d'Ousmane Sonko figure la réduction drastique des subventions aux produits pétroliers inscrite dans la LFR 2026. En faisant passer l'enveloppe de 790 milliards à un plafond de 552 milliards FCFA (-30 %), le texte entraînerait une hausse immédiate du litre de diesel de 755 à près de 867 FCFA.

D'après les projections présentées par le leader de PASTEF, cette trajectoire d'augmentation des prix s'aggravera :

  • En 2027 : Un plafond ramené à 479 milliards FCFA projetterait le diesel autour de 890 FCFA le litre.

  • À terme (Cible FMI à 1 % du PIB) : Avec une subvention réduite à 287 milliards FCFA, le litre de diesel atteindrait 976 FCFA.

Considérant que le diesel représente 72 % de la consommation nationale de carburant et qu'il régit l'ensemble de la chaîne logistique, Sonko avertit que cette hausse provoquera une spirale inflationniste inévitable sur les transports et les denrées de première nécessité (pain, riz, huile, sucre), touchant plus durement les régions de l'intérieur du pays.

L'alternative fiscale de Sonko et le rejet du ciblage social

Opposé à cette méthode qu'il qualifie d'usure, Ousmane Sonko a rappelé qu'une alternative fiscale avait déjà été travaillée sous son magistère à la Primature :

  • Réduction de la fiscalité à la pompe : Alors que les taxes pèsent 37 % du prix du carburant, il propose de baisser la TVA de 18 % à 15 %, tout en allégeant la taxe spécifique et les droits de porte. Un levier permettant de stabiliser, voire de baisser les prix sans alourdir les subventions.

  • Critique des compensations sociales : Il a qualifié d'illusion le ciblage promis par le gouvernement via les bourses de sécurité familiale. Soulignant que la LFR n'inscrit que 22 milliards FCFA au lieu des 70 milliards annoncés pour 2026, il a calculé que le gain net pour chaque membre d'un ménage bénéficiaire ne dépasserait pas 5 195 FCFA sur toute l'année 2026 (et 1 262 FCFA en 2027), une fois déduite la hausse du coût de la vie.

Ultimatum parlementaire et encadrement des fonds spéciaux

Fixant la ligne de son groupe parlementaire, Ousmane Sonko a prévenu : « Pour le moment, nous ne rejetons rien, nous ne validons rien », conditionnant le vote des députés de PASTEF à une refonte complète des textes.

Il a posé une condition sine qua non et non négociable : l'encadrement légal des fonds spéciaux par voie d'amendement. Jugeant « déshonorant » que cet engagement inscrit dans les programmes de 2019 et 2024 reste en suspens, il a averti que si le gouvernement tentait d'utiliser le « vote bloqué » pour contourner l'amendement, PASTEF rejetterait purement et simplement la LFR et la LFI.

Désamorçant toute accusation de blocage institutionnel ou de crise d'État, Sonko a précisé qu'un rejet budgétaire ne créerait aucun vide juridique. La loi organique prévoit en effet la reconduction des crédits antérieurs du budget 2026, permettant la continuité des services de l'État tout en bloquant uniquement les « mesures nouvelles déraisonnables ».

Rejetant par avance la responsabilité d'un blocage sur l'équipe gouvernementale, Ousmane Sonko s'est dit ouvert au dialogue, mais a réaffirmé qu'il refusera de faire du Sénégal le « cobaye » de réformes d'austérité injustifiées.


Nouveau commentaire :

POLITIQUE | ECONOMIE | SOCIETE | CULTURE | SPORT | INTERNATIONAL | PEOPLE | TV & RADIO | TRIBUNE LIBRE | CONFIDENTIEL | COUP DE COEUR | COUP DE GUEULE | PORTRAIT | LETTRE DU JOUR | VU SUR FACEBOOK | FORCES ARMEES ET POLICE | FAITS DIVERS | INSOLITE | ILS ONT OSE LE DIRE | MEDIAS | EDITORIAL | COMMUNIQUE | NECROLOGIE | PUBLIREPORTAGE | NTIC | SANTE | JUSTICE | DIPLOMATIE | DIPLOMATIE | GUEST EDITORIALISTE | ENVIRONNEMENT | INSTITUTIONS | RELIGION | EDUCATION | AGRICULTURE | PAROLE DE CAMPAGNE | Antivirus, la chronique d'Abdoulaye Der | COVID-19 | Assemblée Nationale | Echos des Locales 2022







google.com, pub-1148023042834496, DIRECT, f08c47fec0942fa0