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Mauvais résultats au bac: «Des candidats sacrifiés depuis 2015»

EDUCATION
Mercredi 1 Août 2018

Mauvais résultats au bac: «Des candidats sacrifiés depuis 2015»
Les candidats au baccalauréat 2018 auraient été sacrifiés depuis 2015, alors qu’ils étaient encore en classe de seconde. C’est du moins ce que soutient le syndicaliste du Saems (Syndicat des enseignants du moyen-secondaire), Tamsir Bakhoum selon qui, au cours de leurs trois dernières années académiques, ces malheureux potaches n’auraient validé qu’une « seule » année normale. Toutes les autres ont été perturbées par les grèves des enseignants du G6 de cette année et celles de l’année 2015-2016. D’où le faible taux de réussite enregistré à ce bac 2018 et qui ne serait guère surprenant. Un taux, à la limite, prévisible selon notre interlocuteur.

Diagnostic d’une année scolaire « maquillée » par un « calendrier de l’échec » pour épargner au pays la catastrophe d’une année blanche. Ils ont travaillé dur. Très dur même et sous la pression. Et ont été même éprouvés avant l’heure. Après six longs mois de grève, on a choisi de sauver une année prolongée de deux semaines au dé- triment des élèves. Oui, pour deux trimestres de grèves, les élèves n’ont finalement eu droit qu’à 15 jours de rattrapage. Deux semaines ! Un demi-mois pour terminer un programme et faire des révisions pour ensuite aller faire des examens. Le syndicaliste enseignant Tamsir Bakhoum du Saemsrevient sur ce qu’il appelle un « calendrier de l’échec ».

Un « calendrier de l’échec »
« Avec la grève du G6, on est arrivé à un moment où il fallait éviter la catastrophe d’une année blanche, pour cela le gouvernement a procédé à un réaménagement du calendrier scolaire. L’année a été prolongée de deux semaines. Ce qui n’était pas la bonne méthode. Pour cause, tout le temps perdu ne pouvait pas être rattrapé avec deux semaines seulement. On ne pouvait pas faire toutes les leçons avec les élèves de terminale. La responsabilité était du côté du gouvernement. Hélas, ce qu’on craignait s’est produit. Les résultats sont catastrophiques sur toute l’étendue du territoire », soupire de dépit notre interlocuteur. L’enseignant Oumar Sow Diagne embouche la même trompette que son collègue Tamsir Bakhoum.

« Quand on a décidé de sauver cette année invalide, qui en a parlé ? Qui s’est levé pour être contre ? Personne ! Nous tous nous nous sommes tus et le résultat est là. L’Etat a proposé, les parents ont validé, les enseignants ont mis en œuvre et les élèves n’ont pas eu le choix. Personne ne leur a demandé leur avis », s’indigne Oumar Sow Diagne.

N’ayant jamais eu droit à la parole, n’ayant pas le choix, non plus, les élèves se sont penchés sur les épreuves sans broncher. Encore que, pour ce baccalauréat 2018, ils ont été fouillés et surveillés comme des détenus destinés à être envoyés directement dans un autre monde entouré de fer, de serrures et de barreaux. Comme dans une geôle ! Organisateur des compétitions de cette année, l’Office du bac a pris une panoplie de mesures allant dans le sens, disent ses responsables, de sécuriser les « sujets », pour éviter la fraude de l’année dernière. « Tout ça, parce que des parents, des enseignants et des administrateurs irresponsables avaient failli à leur mission l’année passée », selon l’enseignant et ex-enfant de troupe Oumar Sow Diagne qui, revenant sur les « mauvais résultats du baccalauréat enregistrés sur toute l’étendue du territoire », reste convaincu que « nous avons encore échoué et ne sommes pas prêts à en tirer les leçons ».

15,17 % de candidats admis d’office 15,17 % des candidats ont, pour le moment, décroché leur premier diplôme universitaire ! Un taux de réussite jugé catastrophique. Mais qui ne surprend point nos interlocuteurs. C’était « prévisible », selon l’auteur du livre « Le cours de récréation », un roman contemporain qui retrace les tares du système éducatif sénégalais en général. Pour ne pas dire un diagnostic sans complaisance, un cri de cœur, une indignation à travers le vécu d’un enseignant. « Entre les lignes de ce livre coulent les raisons de la fulgurante ascension de la médiocrité constatée au sein de la société. Un mal qui a ses racines dans les failles de l’éducation en général, mais en particulier dans le manque d’un système scolaire véritablement inspiré de nos réalités, besoins et aspirations ».

M. Diagne, cet enseignant amoureux des lettres, touche du doigt le fond du problème. Il s’agit de la médiocrité qui s’est fait ressentir dès la proclamation des résultats du premier tour de la session du baccalauréat 2018. 42,90 % de taux d’admissibilité Le Directeur de l’Office du Bac, Sossé Ndiaye, a annoncé un taux d’admissibilité de 42,90 %. Un pourcentage qui concerne les admis d’office (ceux qui ont réussi dès le premier tour) et les admissibles qui vont passer le deuxième tour. Selon M. Bakhoum, ce taux va « forcément » connaitre une baisse. Ils seront donc, à l’arrivée, moins de 40% de bacheliers sur la cohorte ayant passé les épreuves. « Il faut dire que le tiers des candidats qui sont au deuxième tour ne vont pas réussir.

C’est un examen sérieux où les professeurs sont tenus de corriger avec anonymat pour que les élèves puissent compléter les points. Ce qui est sûr, c’est qu’avec ce pourcentage des admis d’office, 15,17 %, on peut parler d’une hécatombe au niveau national ». De 2015 à 2018, les candidats au bac 2018 n’ont fait qu’une année stable « L’hécatombe qui a marqué le baccalauréat 2018 n’est pas une surprise. Elle était donc prévisible. » Derrière ces deux phrases qui animent les débats partout, se cache une réalité jusque-là sous- évaluée par les acteurs de l’éducation. De 2015 à 2018, les candidats du baccalauréat 2018 n’ont fait qu’une seule année scolaire stable, du moinsselon Tamsir Bakhoum du Saems.

Et le syndicaliste d’expliquer : « L’année scolaire 2017-2018 a été grandement secouée par la grève du G6. Les élèves qui devaient passer le bac de cette année sont ceux qui faisaient la seconde en 2015-2016. Une année également secouée par une grande grève du Saems et du Cusems. Ce qui fait que, si on prend une année scolaire qui doit durer 10 ou 9 mois, durant les trois dernières années scolaires qui se sont succédé, ces élèves n’ont fait qu’une seule année scolaire stable ». Pour ce poulain de Saourou Sène, le gouvernement était tout simplement dans une « dynamique de sauver l’année scolaire. Ce qui n’était pas possible avec deux semaines de prolongation. La position du G6 était de s’assoir autour d’une table. Même si les professeurs ont tout fait pour terminer les programmes, l’idéal aurait été de repousser les examens jusqu’au mois d’octobre » estime Tamsir Bakhoum. « Entre l’année scolaire et les élèves, on a choisi de sauver l’année ! »

Selon lui, i fallait donc pour le gouvernement faire du « maquillage » politique pour sauver l’année ». Ce en lieu et place d’« aller vers une qualité des enseignements. Pendant 10 ans, le système éducatif n’a jamais été stable. Toutes ces années ont été perturbées par les grèves des syndicats d’enseignants. Tant que nous n’aurons pas un gouvernement à l’écoute des syndicats d’enseignants, tant que nous n’arriverons pas à stabiliser à jamais le système éducatif sénégalais, on ne pourra pas avoir des élèves qui vont porter le développement de ce pays », estime Tamsir Bakhoum.

Selon lui, le gouvernement doit aller à une concertation sur les recommandations des assises de l’éducation et tout faire pour respecter l’intégralité des accords signés avec les syndicats d’enseignants. « Les conclusions et recommandations des assises de l’éducation ont tracé un chemin très précis par lequel il faut passer pour avoir un système éducatif de qualité. Mais c’est le gouvernement qui les a rangées dans les tiroirs des oubliettes. Nous n’avons aucune responsabilité par rapport à ces mauvais résultats. Il n’y a pas eu d’année scolaire normale. Les élèves sont allés aux examens avec une pression forte, avec un programme terminé sous la pression », soutient ce syndicaliste du secteur de l’éducation.

Son collègue Oumar Sow Diagne se désole du fait qu’ « on met toujours en exergue « nos malheureux 30 à 35 % de réussite tout en passant sous silence nos 65 à 70 % d’échec ». Un taux d’échec qui refléterait le « vrai visage de l’école sénégalaise » qui demeure un « système de la

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