Minute d'un procès : Les témoins (maires et conseillers municipaux) soutiennent l'existence de fonds politiques à la Ville de Dakar

JUSTICE
Vendredi 9 Février 2018

Des maires et conseillers municipaux ont été appelés en ce 12e jour de procès du maire de Dakar et ses co-inculpés pour témoigner. Unanimement, ils ont soutenu que la caisse d'avance, qui est à la base de l'inculpation de Khalifa Sall et compagnie, est un fonds politique.


Babacar Seck, maire des HLM, témoin

Ces dépenses diverses ont permis de régler beaucoup de problèmes. Je dirais que cette caisse peut être qualifiée comme des fonds politiques. J’étais 2 em adjoint au maire chargé du commerce, et plusieurs fois j’ai demandé au maire d’aider des nécessiteux, des ambulants, des malades. 
L’arrêt de cette caisse porte préjudice aux populations, car elle réglait beaucoup de problèmes.

Seynabou Wade, ancienne maire de Colobane, témoin
J’ai moi-même tenu à venir témoigner car quand j’étais maire de colobane j’ai plusieurs fois demandé au maire de Dakar d’aider des nécessiteux, notamment des cas de cancer, des chimio. J’ai été député 3 fois j’ai toujours voté des fonds spéciaux de la même façon j’ai voté à la Ville de Dakar des dépenses diverses qui sont les fonds politiques. 

Seynabou Wade, à l’AJE
Dans ma commune je ne peux faire que de petites dépenses, pour certains traitements comme les chimio et les radiothérapies. 
Faire un secours pour les indigents à la Tabaski c’est différent de porter assistance à une personne malade qui est dans l’urgence. 

Badara Gadiaga, conseiller municipal, témoin

La mairie a une rubrique qui s’appelle dépense diverse utilisée pour aider les populations, nous en avons discuté plusieurs fois en inter-commission du conseil municipal. 
Avocat de la défense : Est-ce que vous avez eu connaissance des fonds politiques à la mairie de Dakar ?

Ibrahima Diamé : Je connais l’existence des fonds politiques de la ville de Dakar. Et ça permettait de régler des problèmes d’urgence. En tant que maire j’ai eu à solliciter ces fonds pour les besoins des inondations. Et en ce moment, j’avais accompagné quelques sinistrés à la mairie pour solliciter ces fonds et le maire nous avait donné 1 millions pour régler le problème. Je suis venu témoigner à la demande d’une dame dont  l'enfant avait rejoint l’Espagne par l’émigration clandestine. Et, c'est le 17 mai 2011 que la famille a été informée du décès de leur enfant. Et le corps est resté 3 mois au niveau des morgues d’un hôpital en Espagne. Et le 11 juillet, la mairie de la ville de Dakar avait remis 2 millions et l’enfant a été ramené le 21 juillet pour être enterré.

Agent judiciaire de l’Etat : Est-ce que l’argent que vous avez complété à la dame, était issu de vos poches ?

Ibrahima Diamé : J’avais donné une somme de 300 000 francs Cfa, pour compléter les 2 millions que la mairie a donnés pour faire ramener l’enfant. Et ces 300 000 francs Cfa vous pouvez le nommer Diamé.

Ababacar Sadikh Seck maire de la commune des HLM, témoin.

Avocat de la défense : Est-ce qu’il y eu une rubrique de dépenses diverses au niveau de la mairie de Dakar ?
Ababacar Sadikh Seck : Je suis maire et j’ai bénéficié des fonds politiques. Ce sont des fonds pour aider les maires à venir en aide à la population.
Est-ce que vous avez senti la suppression  de la caisse ?
Cette caisse à beaucoup servi à la population.
En tant que maire, est ce que vous êtes tenu au secret médical ?
Oui.  

Fatoumata Gassama : conseillère municipale de la ville de Dakar, témoin

Avocat de la défense : Est-ce que vous-êtes témoin que le maire donnait les fonds à la population pour les aider ?
Fatoumata Gassama : A ma connaissance, les populations de la Ville de Dakar qui avaient des problèmes de rein et de cancer avaient bénéficié des fonds politiques pour des chimiothérapies. Je peux donner comme exemple une dame qui avait une fausse opération et j’ai transmis au maire la demande. Il a reçu ses parents et a satisfait la demande. La première personne m’a appelée pour remercier le maire qui leur a remis 2 millions 500 francs et elle a pu faire une opération. Dans la rubrique "dépenses diverses", nous avons eu à voter 360 millions de francs Cfa pour permettre au maire de généraliser ces fonds. 

Quand j’étais chargée des relations publiques auprès du ministre Cheikh Bamba Dièye, il y avait beaucoup de maires qui venaient demander au président Macky Sall de généraliser les fonds politiques à toutes les communes.
Les rubriques secours aux indigents et les politiques sont différents car les secours ne peuvent dépasser 250 000 fr la caisse d’avance est là pour les cas supérieurs à cette somme. Je ne peux pas me prononcer sur le processus de décaissement, mais en tant qu’élue la seule chose qui m’intéresse c’est la destination finale. Et la seule finalité de ces fonds est de servir les Dakarois. Les fonds sont effectivement politiques parce que l’Etat a accepté que la ville reçoive des fonds politiques.

Avocat de  la partie civile : Est-ce que vous saviez que les montants  étaient décaissés à travers de fausses factures ?
Fatoumata Gassama : La question n’est pas posée à la bonne personne. Parce que je ne suis ni percepteur ni le Daf. 

16 heures 20 : Badara Gadiaga, conseiller municipal à la ville de Dakar à la barre 

Avocat de la défense :
Est-ce que vous avez eu connaissance que la population demandait de l’aide au maire ?
Badara Gadiaga : Oui. La population venait auprès du maire pour solliciter ces fonds politiques.

Est-ce que vous savez s’il y a des fonds politique à la Ville de Dakar ?
Dans le budget, nous avons voté une rubrique appelée dépenses diverses. Qui était un document fourre-tout. 

Mamadou Mbaye, ancien maire de Grand-Yoff
J’ai été maire de Grand-Yoff de 2009 à 2014 et ancien secrétaire municipal de Grand-Yoff et en ma qualité de maire de Grand-Yoff, je dois dire que le premier problème de Grand-Yoff c’est le social, le 2e c’est le social, le 3e c’est l’assainissement et le 4e c’est l’assainissement j’ai toujours transmis les sollicitations au maire. Lors des terribles inondations de Grand-Yoff en 2012 et 2013, j’ai vu le maire distribuer beaucoup de matériaux aux populations.
Au niveau du cabinet du maire tout n’est pas fonds politique, il y a par exemple les frais de missions, le conseil municipal en votant le budget pose en acte l’autorisation à l’ordonnateur pour toutes dépense. 

Avec Pressafrik

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