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Organisation des législatives : Le ministre de l’Intérieur affiche toute son incompétence

EDITORIAL
Lundi 24 Juillet 2017

Nous sommes à une semaine des élections législatives, voilà que le fameux sésame, qui permet aux citoyens de pouvoir glisser leur bulletin de vote dans l’urne pour exprimer leur choix, n’est pas encore disponible chez plusieurs d’entre eux. Les Sénégalaises et Sénégalais pestent et piétinent de colère devant les commissions de distributions souvent désertées par leur président. En dépit des protestations des partis d’opposition, la production et la distribution des cartes d’identité et d’électeur posent encore problème. Devant une telle situation, les propos avancés confusément par la Direction de l’automatisation et du fichier (Daf) laissent sceptiques sur la sincérité du nombre de cartes produites et distribuées.


Organisation des législatives : Le ministre de l’Intérieur affiche toute son incompétence
Les chiffres confus de la Daf

Le 25 mai dernier, le Daf conjointement avec le ministre de l’Intérieur avait, lors d’une visite guidée dans ses services, notifié à l’opposition que près de 3 millions de cartes avaient été produites et que dès lors, la cadence allait être accélérée avec un rythme de production de 490 mille cartes par semaine. Ce qui veut dire que si cela était respecté, à la date du 14 juillet où il a tenu une conférence de presse avec le Directeur général des élections (DGE) pour s’exprimer sur la production des cartes, 3 430 000 millions de cartes devaient produites en 7 semaines et ajoutées aux 3 millions produites entre octobre 2016 et mai 2017 (64 semaines). Ce qui ferait un total de 6 millions 430 000 mille. Chiffre qui dépasserait le nombre d’inscrit (6 200 000).

Lors de cette conférence de presse du 14 juillet le Daf Ibrahima Diallo a assuré que la production des cartes finirait au plus tard la dernière semaine avant les élections législatives puisque 5 millions 250 mille étaient produites cartes à la date du 14 juillet, selon les dires d’Abdoulaye Daouda Diallo et de son Daf. Donc si on s’en tient à leurs propos, il y aurait eu un déficit de 950 000 cartes à produire dans les deux dernières semaines avant les élections. Si le rythme de production hebdomadaire de cartes était respecté, selon les propos du Daf, entre sa conférence de presse du 14 juillet et la fin de ce même mois, les 950 mille inscrits restants devaient disposer de leur sésame car sur 6 200 000 inscrits, il faut enlever les 5 millions 250 000 cartes produites.

Devant cet embrouillamini, on ne sait plus à chiffre se fier tant on décèle dans les propos du Daf et de son ministre de l’Intérieur des contradictions qui jettent une suspicion sur la transparence du processus électoral. Aujourd’hui avec ces discordances dans les chiffres, il est à douter du nombre de cartes réelles produites au niveau de la Daf. Aucun membre de l’opposition n’a les moyens de vérifier la vérité des chiffres avancés par Ibrahima Diallo. Même la Commission électorale nationale autonome (Céna) reste aphone sur ce mystère des cartes produites.

Face au désarroi et au déboussolement des Sénégalais qui n’ont pas encore reçu leur carte (dont votre serviteur !), le ministre de l’Intérieur rassure que les cartes seront disponibles. Nous sommes dans la dernière ligne et il est évident que beaucoup de Sénégalais ne voteront pas à cause des maladresses du Daf et de l’incompétence du ministre de l’Intérieur. Jamais des élections n’ont été aussi mal organisées depuis la réinstauration du multipartisme en 1974 et les premières élections pluralistes qui ont suivi en 1978. Pourquoi le gouvernement s’est empressé de vouloir faire une refonte totale du fichier tout en sachant que les moyens techniques et humains ne permettent de  produire à temps des cartes et de les distribuer à leurs propriétaires sans faire une gymnastique harassante tous les jours ? Un tel empressement laisserait croire que le parti au pouvoir est dans une logique de frauder les élections législatives.

Certes il y a des cartes disponibles qui dorment dans les commissions de distribution dans l’attente d’être retirées par leurs propriétaires mais il est aussi évident que plusieurs milliers restent encore indisponibles. Chaque jour, à travers les médias, les réseaux sociaux, plusieurs Sénégalais manifestent leur colère devant ce qu’ils considèrent comme une tentative de leur priver d’exercer un droit constitutionnel. De la confection jusqu’à la distribution, on note un dilettantisme effarant des services d’Abdoulaye Diallo.

Quand on a déploré les erreurs commises sur les noms, prénoms des candidats, les erreurs de photos, des photos défigurées, la taille, le genre, le Daf, qui s’est tu sur le nombre de ces cas irréguliers, impute la responsabilité des malfaçons aux 2 700 vacataires engagés pour la circonstance par le ministre de l’Intérieur. Comme réponse, le Daf assure qu’un module de correction sera mise en place alors que pour d’autres, il faut nécessairement reprendre l’inscription et la prise photographique.

Le code électoral fréquemment violé

Aujourd’hui, il appert que le Daf n’a pas dit toute la vérité sur l’histoire la production des cartes biométriques. A cela s’ajoute la légèreté avec laquelle on distribue les cartes. N’importe qui en distribue. Ainsi le code électoral en ses articles L 54 et L 55 est violé par le préfet de Dakar. Il est dit à l’article L 54 du code électoral alinéa 2 que « les commissions chargées de la distribution des cartes d'électeur sont composées d'un président et d'un suppléant désignés par le Préfet ou le sous-préfet, du maire ou de son représentant et d'un représentant de chaque parti politique légalement constitué ou coalition de partis déclarée à cet effet auprès de l'autorité compétente». L’alinéa 4 stipule que «l'autorité administrative fera recours à des agents publics à la retraite pour les commissions administratives ». Et l’article L 55 de stipuler que « les commissions visées à l'article précédent, procèdent à la remise individuelle des cartes à chaque électeur sur présentation de sa carte nationale d'identité numérisée et du récépissé d'inscription ».

Or, que voit-on ? La distribution des cartes est assurée la plupart du temps par des gens étiquetés pro-pouvoir. Des responsables de l’Alliance pour la République ont le privilège de récupérer des blocs de cartes qu’ils distribuent à leurs militants au moment où dans certaines zones ciblées comme fief de l’opposition (Patte-d’oie, Grand-Yoff, Médina, Parcelles assainies) la distribution se fait parcimonieusement.

Ce qui est en violation avec l’article R 51 du code électoral qui dit que « sous la supervision et le contrôle de la C.E.N.A, le président de la commission de distribution des cartes d'électeurs assure la conservation et la garde desdites cartes pendant toute la période de distribution. A la fin de chaque semaine, il rend compte avec précision, à la C.E.N.A et à l'autorité qui l'a nommé, du déroulement de la distribution. Il les informe sans délai de tout incident affectant la distribution. Les cartes d'électeurs à retirer doivent se trouver dans des lieux sécurisés ; des malles munies de cadenas de sécurité doivent leur servir de réceptacle. Elles doivent y être classées et n'être ouvertes ou fermées qu'avec la présence obligatoire de la CENA. Les locaux dans lesquels ces cartes sont conservées doivent répondre à toutes les conditions de sécurité requises. A la fin de la période de distribution, le président et les membres de chaque commission dressent un procès-verbal des opérations, signé par tous les membres. La C.E.N.A et chaque membre de la commission reçoivent copie du procès-verbal. Ce procès-verbal, accompagné de l'ensemble des cartes non distribuées, est remis, sous pli cacheté et scellé à l'autorité administrative compétente ainsi que la liste d'émargement des électeurs et le registre des opérations dans lequel figurent les mentions de contestations éventuelles de la délivrance des cartes ».

Aujourd’hui le manque de rigueur et l’amateurisme du ministère de l’Intérieur sont à l’origine de ce désordre et de ce dysfonctionnement noté dans la distribution des cartes. A Kaolack, au mois de juin, 37 cartes d’identité biométriques ont été retrouvées ensevelies près de l’hôtel de ville. Et c’était la troisième fois que des cartes sont retrouvées à Kaolack dans la rue.

Jusqu’à aujourd’hui personne n’a été mis en cause. Récemment deux adolescents habitant Matam ont été appréhendés par les partisans du maire de la Médina, Bamba Fall, alors qu’ils avaient par devers eux un lot de plus de 600 cartes de cartes biométriques. Et si l’on en croit les propos du sous-préfet des Almadies, l’un est nommé, par arrêté préfectoral, président de commission de distribution de cartes de Galandou Diouf. Ce qui est en violation du code électoral en ses articles L.54, L.55 et R51. 

Ce manque de sérieux dans la distribution a fait sortir le président Abdoulaye Wade hors de ses gonds pour appeler les Sénégalais à un vaste rassemblement aux fins d’exiger la remise des cartes à leurs propriétaires. Au préalable, il faut noter qu’au niveau de la diaspora française et italienne, les émigrés ont initié l’opération « Fokhati » pour disposer de leurs cartes. Au niveau du consulat du Sénégal à Paris, nos compatriotes ont séquestré le consul Amadou Diallo pour récupérer leurs cartes. Au Sénégal, Wade préconise de défoncer les portes des commissions pour disposer de leurs sésames. Dans cette dernière ligne droite, toutes les portes d’une violence inouïe sont ouvertes du fait de l’incompétence du ministre de l’Intérieur. Mais aussi de son parti-pris manifeste en faveur de la liste de la Coalition Bennoo Bokk Yaakaar. 

Serigne Saliou Guèye

 

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